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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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auffi dangereufc que Celle du ferpent : il jette enmordant, übe bave laiteufe, virulente, fort acre ; ilcontient beaucoup de fei' volatile cauftique , d'huile& de phlegme.

La Salamandre eil corrofive, brulante, depilatoire,itant appliquee: on ne peut guere la toucher fans fefaire mal aux doigts.

SAL ARMONIAG.UM.

Sal armoniacum^

Sal folare ,

Fuligo alba mercurialis ,

Sal mercurialis Philofophorum ,

Aqu'tla coeleß's,

Sal Ammoniacmn,

En. Framjois, Sei Armoniac.

Eil un fei qu'on droit autrefois des urines des Chä-meaux & de plulieurs autres animaux; car ce Sei&oit fublime par leSoleil ä la fuperfkie des fables,ces. beres avoient urine en paflant dans les pais fortchauds, comme dans Jes deferts de la Libye & en A-rabie; on le ramaffoit & on le gardoit dans des vaif-feaux: mais foit parce que ces pais ne fönt plus frd-quentez conime ils l'etoient autrefois, foit parce qu'onneglige de raraaffer ce Sei, on n'en apporte plus,

Le Sei Armoniac des Modernes eft fadtice ; maison n'eft pas encore inftruit exadtement des droguesqtii entrent dans fa preparation, ni du lieu l'on lefair; on a crü long-tems que les Venitiens le compo-foient avec c/nq parties d'urines , une partie de feimarin, & demie partie de fuye de cheminee qu'ils cui-foiei:t enfemble, & qu'jJs reduifoient en une mafle,laquelle etant mife dans des pots fublimatoires für unfeu gradue,,\is en füfoient fublimer un fei en la formeque noftS voyons le Sei Armoniac ordinaire: mais ona ete infbrm£ que la preparation de ce Sei n'eft pasmoins incdnnue ä Venife qu'ä Paris, & que les Ve-nitiens fönirent eux-memes des pais Orientaux pournous Tenvoyer; il y a bien plus d'apparence que c'eftl'ouvrage des Egyptiens & de plufieurs autres peuplesdu Levant : lefquels fe fervent ä Ja verite pour lecompofer de l'unne desChameaux, ou d'autrcs ani-maux de leur pars, 8c du fei mann ou de quelqueautre feJ fixe de meme nature; mais il eft ä proposde fufpendre fon jugement für ce fujet, jufqu'ä ce quenous en foyons plemement eclaircis.

Le Sei Armoniac qu'on nous apporte de Venife Scde plufieurs autres endroit?, eft forme en pains plats,orbiculairts, plus iarges qu'uneaffieue, epais de troisou quatre doigts, gns en dehors, blancs en dedans,& dnpofez dans leur epaifi'eur en ciyiiuux droits com-me des colomnes, ne s'humedtant guere ä l'air, d'ungoüt fort fale, acre Sc penetrant, fe düTolvant dansde leau commune , mais s'y coagulant aifement encryftaux mous 8c neigeux , fort froids au toucher;ce fei eit peV.etrable aux eaux fottes.

On doit choiiir le Sei Armoniac beau, blanc, fec,aet, cryftalin, d'un goüt acre,.fort penetrant j c'eft

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S A.im compofe de fels volatik urineux melez Sc commefixez avec du fei matin; car dans la fublimaliun lesfels volatils qui fönt alkali, ont enleve ce <ju'ils unt du fei marin qui eft acide 8c fixe, 8c il s'eft faitune liaifon fi exadte de ces deux eipeces de fe.s, quele melange femble fixe. La raifon de ce-tte Uaifon Scde la fixation, eft que les parties du fei marin qui föntdes pointes groffieres, fe fönt embarraffees dans lespores des fels alka.i; & comme ces pointes n'ont pointaffez de mouvement pour eearter les parties alkahues,elles n'ont que % y enveloper , Jes bouchcr 8c lesappefantir, ou fufpendre leur vol.ujlife.

Le Sei Armoniac eft fudonfique & aperitif, il re-fifte a la corruption 8c ä la gangrene; i) eft bon pourla fievre quarte, pour exciter .es mois aux ferr.u es,etant pns inteneurement. La dofe en eft dt^ois de-mi-fcrupule jufques ä un fcrupule; on s'en fert auffiexteneurement pour refoudre les tumems, puur dif-cuter &c rarefier Jes humeurs groifieres: on en ine^edans les Collires des chevaux, on en fouffle auffi enpoudre dans leurs y-eus, pour faire diffiptr les eata-radtes Hc pour eclaircir la vüe,

Le Sei Armoniac dtant jette" en poudre dans del'eau, la rafraichit confiderablement d^ns le moment,ce qui peut fervir ä rafraichir promptement des bou-teilles de vin,8cdes vafes remplis d'eau en Ere; voyezce que j'en ecris dans mon Cours de Cnymie, de ladixieme Edition.

On trouve quelquefois au mont Vefuve un Sei Ar-moniac qui s'ett forme naturellement par le melangede differens fels, 8c qui a etc fublime par le feu loü-terrain.

Sal Armoniacum, quafi Armtniatmn , ab Armenia ,'parce qu'on apportoit autrefois ce lel dÄrmdme.

Sal Ammontacum, ab ä^-of , arena , parce quolltrouvoit autrefois le Sei Armoniac für le fable.

Sal Solare, parce que ce Sei entre dans la prepara-tion de l'eau r«gale, qui eitle diilolvant de l'or qu'onappelle Soleil.

Aquila ctzleßis, parce qu'il s'envole en fe fublimantcomme feroit une Aigle.

S4I Mercurialis Phtlojophorum, parce que ce Sei eftvolatile comme le Mercure, 8c que les Alchimiftesqui fe nomment les veritables Philofophes, s'en fer-vent dans leurs Operations.

lul.go alba, parce qu'il s'eleve & s'attachc aux potsfublimatoires comme une fuye.

SAL CATHARTICUM AMARÜM. -.Sal Catbarticuin amarum rSal mirabiiis.

En Francis, Sei purgatif amer, Sei admi'

rable.

Eft un fei mineral nitreux difpofe en tres-petitscryftaux dehtz, tres-blancs, br/llans, d'un goüt appro-chant de ceiui du Salp^tre, mais amer, fe fondant ai-fement au feu fans petiller, ni s'enflammer; il nouseil apporte d Angleterre, il a ete tire par evaporationdes.eaux mmerales d'Ebfom, appellees en Latin Anut,

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