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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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P u.

Les Balauftes ou fleurs du Grenadier doiVent tttechoifies nouvelles , grandes, belies, bien fleuries ,hautes en couleur , ou d'un rouge purpurin ; eilescontiennent beaucoup d'huile & de fei efientiel.

Elles fönt propres pour la dyfenterie, pour la lien-terie, pour )a diarrhee, pour les bernies, pour arre-ter les ^onorrees, pour ies crachemens de fang.

L'ecorce de l.i Grenade eft appeilee en Latin Ma-liconttm comme qui diroit, cuir de pomme, parce quecette ecorce elt dure comme de cuir. ün la nomineauffi Sidium, <rlhci, a S'Mne agro, parce qu'on en re-tiroit beaucoup autrefois des champs Sidoniens. Ondoic la choiiir nouvelle, bien fechee, fans etre moifie,affez haute en couleur,dun goüt aflnngent; ellecon-tient beaucoup d'huile & de fei effentiel; eile a lesmemes vertus que la fleur de Grenade.

Le fuc de la Grenade aigre eft plus eftime' en Me-decine, que celui des autres Grenades; on s'en feitpour fortifier le cceur, pour arreter le vomiflementS:les cours de ventre, pour precipiter la bile; on faitfuccer au malade les grains de Grenade.

La femence de la Grenade eft aftrmgente; on l'em-ploye dans les injedions.

On trouve dans la mer une figure de pcmme durepetrifie'e qui nait contre les rochers, eile reffemble enfa forme & en fi couleur ä la Grenade; on l'appelleGrenade de mer.

Punlca, a punheo ciUre , car la fleur 8c le fruit duGrenadier ont une couleur rouge.

Granat um, agrxr.u, parce que ce fruit eft remplide grains; ou bien Granatum , Grenade, parce qu'ilcroit beaucoup de Grenadiers au Royaume de Grena-de en Efpagne.

PÜRETTA,

Puretia , en Framjois, Purette , eft une poudremagneüq'ie plus pefante que le fable, noire, brillan-te, qu'on trouve au bord de la mer en un Heu fec,nomine Mortuo, qui eft a quelque diftance de la Vil-le de Genius: on h fepare facilement d'avec un fa-ble de la meme couleur, mais plus Jeger , qui l'ac-compagne totijouis, par le moy^n de h pointe d'unelame de couteau ayrnante'e qu'on y appiique: eile pa-roit peu detems apres quelque grande tempete , ouune agitation extraordinaire des eaux de la mer; ons'en feit pour roettre für le papier l'on derit; cettepoudre a paru ä M. Job'.ot, qui l'a examinee für leslieux avec un Mioofcope, tres-me'ga'e en fes partits;& quoiqu'elle foit fort dure, eile s'ecrafe entre deuxiriftrusnens d'aeier trempe/, & etant ainfi fubtilifee, fil'on la met für un carton fin, & qu'on promene par-defTous une pierre d'aymant; cette pierre fera mou-voir la poudre comme fi c'etoit de la limaille de ferou d'aeier: la poudre Purette fortant de la mer nenoircir point les doigts; mais etant eeniee, commeil a ete dit, eile les noircit; eile ne rouille ni dansl'eau douce, ni dans l'eau de h iner, ni dans l'urine,ni dans les liqueurs aeides, l'eau forte meine , qi idiffoutle fer tk Tarier,ne produit für eile aueun effetperceptible ; eile ne petiile point etant j£ttee für la

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flamme d'une chandel.'e , comme fait !a limaille defer; cesexperiences ont fait conclure ä M. Job.'otquecette poudre n'eft ni fer, ni acier, ni mache-facomme quelques-uns l'on crü.

On objeäe ä M. Joblot que fi cette poudre etoitde l'aymant, eile s'attacheroit au fer, qui n'eft pointaymantd, comme on voit que l'aymant s'yattache,ce qui n'arrive pourtant point.

II repond que cette confequence n'eft pas jufte, parceque la pierre d'aymant nes'attacheau .'er qui n'eft pointaymantö, queparce qu'il fe fait autour d'dle un tour-billon affez cor.fiderabie d'une mauere inviiible, qu'onappelle magnetique : or cemme les petits grains dePurette ou la poudre du meilleur ayinant qu'on puiffetrouver, n'ont point de tourbülon de cette maueremagnetique qui feule eft la caufe des effets furprenansqu'on remarque en cette pierre, il n'y a pas ä s'cton-ner qu'elle ne produife pomt I'tflfct qu'on appereoitaux maffes de cette pierre.

PURPURA.

Purpura, en Francois, Pourpre, eft une efpece deßuecine ou Pourcelaine, ou un poiflbn de mer naif-fant dans une coquille qui a la figure d'un cornet,d' vient qu'on l'appelle Buccinum. Ce Poiflbn a unbec long & creux par il tire fa noumture; il eftentoure de cercles garnis de pointes, en quoi il diffe-re des autres ßuecines. Sa langue eft longue, poin-tue &fi forte qu'il en perce les autres coquiüagespourmanger les poiffons qui y fönt; i! a dans la gorge uneveme blanche, remplie d'un fang de cou.eur rouge-brune luifante: c'eft le Pourpre riont on fe fert dansla teinture : fi coqtiiUe eft rüde, bolftie en plufieursendroits, jam ätre en dehors, blanche en dedans, onla trouve attachee aux rochers; eile eft ordinairementplus grolle que celle des autres Pourcelaines. La chairde ce poiflbn eft dure & de difrkile digeilion.

II eft propre pour arreter les cours de ventre: onbroye la coquille für le porphyre en poudre fubtile,eile eft alkaline, propre pour adoucir Tacreie des hu-meurs, pour dellecher les playts, pour nettoyer iesdents.

P U T O R I U S.

Putorius, feulchtis, en Frangois, Putoire , eft uneefpece de Beiette fauvage, ou un petit ammal ä qua-tre pieds, un peu plus grand que la ßelette domefti-que; fon corps eft fait comme celui de la Martre,mais plus grand, fon cou eft plus grde, äon ventreeft pluslirge; fa peau eft couverte de poils de diffc-rentes lon^ueurs, les uns courts &jaunes, les autrtslongs & noir?; fon dos eft ordinairement de couleurde Lievre; fon venire eftnoir&fts ebt^t jaunes, fesjambes fönt courtes, noires, fa queue elt afi'tz lon-gue, grolle , noire. II habite les lieux deftris, )esfo ets> , les boids de la mer & des nvieres aux paisbep.entrionaux. 11 vir de rats ? d'oifeaux , de gre-nouiile?, de poi9ons,il eil fort friand de ces dermersjil exhak de fon corps une odeur puante,

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