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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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H E.

Eft une plante haute d'environ quatre pieds; fafeuiUes fönt grandes , hrges Sc poinrues: fes fleursfönt helles, jaunes; fa femence eft mentie; fa racineeil divifee en piufieurs branches, auxquelles fönt atta-tachees les Topinambours, que tout le monde con-noit, parce qu'on s'en fert beaucoup dans les cuifines:iis fönt gros comme des poires, boffns, de figure in-egale de meme que les Truffls, mais hiTes, charnus,rougeätres en dehors-, fa/ancs en dedans, d'un goütdoux 6c agrdable, approchant, quand ils fönt cuits, decelui de 1'Am'cJwut. On cultive cette plante dans lesjardins potagers.

Son origine vient du pa'is des Topinambours dansles Indes; fa racine contient beaucoup d'huile , & dephkgme, peu de fei.

Eile e/t deterfive , aftringente , peclorak, proprepour arrerer les cours de ventre, etant mangee, ouprife en deeoclion.

HELIOTROPIUM.

Heliotropium , , en Francois, Heliotrope , Herbe au*.Verrues, Tournefol, eft une plante dont il y a deuxefpeces principales, une grande 8c unepecite,

La premiere eft appell<5e

Heliotropium majus , Lob. Ger. Park. Raii HillHeliotropium majus flore alba, J. B.Heliotropium majus Diofcoridi , C. ß. Pit.Tournet.

Herba cancri majus , Lon.

Elle poufle une tige ä Ja hauteur d'environ unpied, cotonneufe , bJanchätre , remplie de moelle,rameufe : fes feuilks fönt femblables ä celies du ßafi-lic, oblongues, arondies, nerveufes, blanchätres, ve-lues. Ses fleurs naiffent aux (ommitez de la tige 8c desrameaux en mamere d'episblancs, longs, lanugineux,contournez.Sc feprcfentant en figure la queue d'un fcor-pion. Oiacune de ces fleurs eft un petit baffin plifie enetoile dans le centre, 8c decoupe ordinairement encinq parties , pumi kfquei.'es on en trouve le plusfouvent cinq autres beaucoup plus petites, placees al-teruativernenr. Quand cette heur eit paiiee, il lui fuc-cede quatre femences jointes enfembk , oblongues,vouteesfur ie dos, &c aplaties dans les faces par el-lesfe touchent, decouleur cendree. Sa racine eft lim.ple, ligueufe.

La feconde efpece eft appellee

Heliotropium minus fupinum , C. B. Pit, Tour-nefort.

Heliotropium minus ([uorumdam, ßve fupinum^JB.

Heliotropium fupinum Clufii & Lobelii , Ger»Dod Raii Ht'fl.

Heliotropium humi fparßtm t Lugd.

Elle pouffe piufieurs tiges Iongues a pea pres cooij

H E. ij 3

me la main, foibles, fe couchant par terre, rameu-fes, un peu lanugineufes. Ses feuilles fönt fembiabJeä celies de la premiere eipece, mais plus petites; fcsfleurs fönt auffi courbees en queue de fcorpion auxfornmitezdes branches, de couleur blanche. Les fe-mences qui les fuivent ne fönt point jointes quatre^quatre, comme en la grande e.'pece; mais dies naif-fent ordinairement feuks &i quelquefois deux ä deux,plus groffes, rouffes & envelopees d'une membrane.Sa racine eft petite, noirätre en dehors,

L'une 8c l'autre efpece croiffent dans les champs,le long des chemins, aux lieux fablonneux, vers Jesedifices; eiles contiennent beaucoup d'huile, 8c de feJeffentiel.

Elles fönt propres pour refoudre &c diffiper les ver-rues, cueillies au moinsd'Avril quand elles fönt dansleur plus grande vigueur, pour refifter ä la gangren-ne, pour detcrger les ulcercs putrides, pour les lcro-phules, pour la goutte, pour appaifer la douleur detete, etant apphquees exterieurement: on en donnsauffi interieurement pour exciter 1'urine , 8c ks moisaux femmes.

Heliotropium, ab jjAnjs, Sei, c rpi-uu, verto ; parceque l'herbeaux verrues fleurit pendant le folitice d'Ete>lorfque le Soleil revient vers l'Equateur.

HELIOTROPIUS G E M M A.

Heliotropius, ßve Jajpis Orientalis , Boet. dc-Boot.

En Francois, Pierre d? Heliotrope.

Eft une efpece de pierre pretieufe, de couleur ver-te, traverfee de points ou de veines rouges commedu fang. Elle nait parmi ks Jafpes les moins beaux8c avec le Prafius. Elle eft meme fouvent la matriceou la matiere dont fe forment le Prafius, l'Emeraude,&l les autres pierres pretieufes vertes, On en trouveaux Indes, en Ethiopie , en Afnque, en Cypre, 8cmeme en Allemagne.

Elle eft propre comme les autres matieres alkalines,eunt broyee fubtilement, pour arreter ks cours deventre, ks hemorragjes, pour abforber & adoucir lesac/cies. On lui attribue encore des vertus cardiaques,cephaiiqucs, ftomaeaks; pour refifter au venin, pourl'epikplie, pour aider ä la digeftion,pour empecherlageneration de la pierre; mais ces qualitez ne fe man-trent point par l'experience.

Heliotropius , ab *Af«$ a Sol, V rptzra, verto, com-me qui diroit, Pierre qui je tourne vers le Soleil. Pli-ne du qu'on lui ä donne ce nora, ä caufe qu'etantmife dans uu vaifieau rempii d'eau 8c aprochee du So-leil, eile jette dans fes rayons une couleur de fang.,Mais il faut que cet Auteur ait ete trompe dans l'ex-perience, ou bien que les pierres d'Heliotrope de (bi*tems fufTent diflterenres des nötres; car celies o^ue nousivoyons ne produilent rien de kmblable.

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