Introduction à la Table générale. vij
íeurs compatriotes , pour fatisfaire leur avidité in-fatiable de gagner.
Nous commencerons cette efquiffé par uneclaffe de Marchands, où l'on ne fe douteroit pasque la tromperie fe feroit introduite , fi elle ne pé-nétroit par-tout : nous voulons parler des Herbo-riftes. 11 eil vrai que ces Marchands ne pèchent,le plus ibuvent, que par ignorance ; mais l'igno-rance eft un crime , lorfqu'il s'agit de la fanté &de la vie des hommes.
N'ayant que des connoiffances de tradition &3e routine, les Herboriftes ignorent également ,& les caractères diftin£tifs des plantes, & la ma-nière de les conferver. Auffi voit-on tous les joursqu'ils les confondent les unes avec les autres ;qu'ils rapportent plufieurs genres de plantes fousune feule dénomination, quelque différence qu'el-les offrent par leurs vertus; &qu'ilsies vendentVune pour l'autre, lorfque, par le port, elles fetfeffemblent à peu près.
On les voit ne fournir que des plantes mal choi-ces, mal deffechées, mal confervées, moines,altérées , putréfiées , &c. Et fi , à cette ignoranceils joignent la mauvaife foi , comme il n'arrive quetrop fouvent, ils ne s'aflortiffent que de plantesles plus communes. Trente ou quarante efpèces ,qu'ils achètent à vils prix , fur la parole des payfansqui les leur apportent, compofent tout leur ma-gafin. lisies donnent tour à tour , quelle que foitcelle qu'on leur demande. J'ai vu une Garde-ma-lade recevoir de jeunes feuilles de poirée pour dela fcabieufe, & un enfant apporter de la pimpre-«îellepourde la germandrée, ou du petit chêne.Ces plantes avoient une odeur rebutante de cave ,& étoient à moitié pourries.
Combien de perfonnes ont été témoins de ces
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