Moyens de rendre V Inoculation univerfelle. 241
feile ; mais je crains bien de ne jamais être affezheureux pour en voir J'exécution , qui ferok fiutile au genre humain. Il y a fans doute de gran-des difficultés: cependant la chofe n'eft pas im-praticable. Le projet eft grand , puifqu'il ne vapas à moins qu'à conferver la quatrième partiede ''efpèce humaine. Que ne doit-on pas tenterpour le remplir, & parvenir à un but aufli de-ferable !
Le premier pas à faire pour rendre Vinócula- h faudroittion univerfelle , eft d'anéantir les préjuges qui preferirétiennent à la Religion, & qui veulents'y oppofer aux Eccií-Comme nous l'avons déjà fait obferver,il n'y **22i*
der l'inocula-tion.
noculacion.
malgré des efpérances fi flatteufes, fon filsvenoit à fuccom- n'auroit j'a-
ber foui l'épreuve de l'inoculation? Crainte chimérique! re-mais eu lape-
prend M r~ la CondaMine, puiique la petite-vérole ino' tite " vérole ,
culée eft infiniment moins dangereufe que la naturelle, & ne "S? 1,. .¡. . . . ,,° .' '.. pas par li-
furtout puiique celui qui ne lauroit jamais eue naturelle- Lv™.i.tinn.
ment , ne la recevra pas par V inoculation.
Mais quand ce fils chéri viendroit à mourir,contre toutevraifereblance , qu'auioit le père à fe reprocher ? Tuteur-néde ion fils, il étoit obligé dechoifir pour fon pupille, &la prudence a diñé fon choix. En quoi confine cette pru-dence, fi ce n'eft à pefer les inconvéniens & les avantages,& à bien juger du plus g'and degré de probabilité? Tan-dis qu'un inftinä aveugle retenoit le rere , l'évidence luicrioit : De deux dangers, entre lefquels il faut opter , cboifisltmoindre. Devoit-il, pouvoit-;l réfifter à cette voix? Lafort a trahi fon attente; en eft -il refponfabte? Un autrepère crie à fon fils : La terre tremble, la mai/un s'écroule;for tez, fuyez ..... Le fils fort, la terre s'entr'ouvre & l'en-gloutit; ce père eft -il coupable? Le nôtre eft dans lemême cas Si fa fille étoit morte en couche , fe reprocheroit-il fa mort? Il en auroit plus de fujet. Il pouvoit fe difpen-fer de la marier. Ce n'etoit pas pour fauver la vie de fafille , qu'il l'a livrée au péril de l'accouchement; & cepen-dant il a plus expofé fes jours en la mariant, que ceux d«fon fils en le foumettant à l'inoculation,
Tome II. Q