JDu Sommait.
»43
teter que pour dormir. Mais à mefure qu'ilsgrandiflent & qu'ils le fortifient, ils ceiTent dedormir autant de fois qu'ils tètent, & enfin ilsne dorment plus qu'une t'ois dans Le milieu dujour. Il n'eft perfonne qui ne fente que lesconvoie/cens , les valétudinaires & les vieillards,qui font , relativement au peu de forces dont ilsjouiffent,danslaclaffedes enfans,doivent avoir •le même befoin de méridienne , & en retirer lemême avantage.
Les flegmatiques & les pituiteux , quoiquejouiffant de leur fanté ordinaire, ont fi peu dereflbrt, font dans une telle apathie , ont fi peude chaleur, fi peu de fluide nerveux, que fi lefommetî & le repos ne venoient à leur fecours,ils ne pourroient abfolument digérer. Ces fecoursdeviennent également nécefiaires aux vaporeux,aux mélancoliques & aux gens de lettres i parceque la perte prodigieufe à y efprits animaux qu'ilsfont pendant la veille , épuife les organes di'geßifs , au point que , fans une concentration deforces , ils ne pourroient faire leurs fonctions.
De tous les hommes , ceux qui ont le moins ce ^' ! à r °™de difpofitions à la méridienne , & à qui elle eue reroitferoit réellement contraire dans un grand nom- mbre de cas, font les bilieux & lesfanguins. Lesbilieux ont une fomme de forces & de chaleurintérieure, que le fommeil & le repos ne fe-roient qu'augmenter : auffi fe trouvent-ils beau-coup mieux de la diffipation & de Yexercice aprèsle dîner. Ils ont, pour ainfi dire, des forcesde reite ; ils peuvent les prodiguer impunément.Pour les fanguins , quoique moins bien pourvusque les bilieux à cet égard , ils digèrent cependanttrès-bien fans le fecours de la méridienne; & lapromenade leur femble très - sgréable. Nous ex-
Q ¡y
itiucile.