Druckschrift 
1 (1792) (1792)
Entstehung
Seite
207
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

Des Alimens.

102

tres plats , parce qu'il eft gourmand Pendant lanuit, il eut un vomijfement coniidérable : il nemanqua pas d'en acculer la raie, à laquelle i!promit de ne jamais toucher. Effectivement', ily avoit renoncé, &il vouloit perfuader à beau-coup d'autres de ne point manger de ce poifion ,qui, à ce qu'il dii'oit , çaulbit des indigeßionsmortelles, lorfqu'il reçut une lettre d'un de cesamis, qui lui mandoit qu'ils avoient ététrès-in-commodés la nuit de leur départ; qu'ils avoienteu une indigeftion & des vomi/jemens , qu'un d'euxen étoit encore malade , & que le Médecin qu'ona voit appelé, auifi-tôt leur arrivée dans leurVille, avoit dit qu'ils avoient été empoifonnésavec du vende gris. On riniflbit par lui demanders'il n'avoit pas été lui-même malade, & par leprier de chercher à favoir fi, chez le Traiteuroù ils avoient foupé, on ne trouveroit point detrace de ce fait. Il alla auflî-tôt trouver un Mili-taire qui prenoitfes repas chez ce Traiteur, &qui d'après fes queftions, lui dit qu'effective-ment la plupart de ceux qui avoient foupé ce-foir-là dans cette maifon , étoient venus le lende^main , ou quelques jours après , faire des plain-tes ßz que Je Traiteur avoit fur le champ faitrétamer fes caíferoles.

Notre homme étoit cependant bien perfuadé,avant cet éclairciflement , que c'étoit la raie quil'avoit rendu malade. Combien de gens font dansce cas! Combien qui, lorfqu'ils fe trouvent in-commodés après un repas , ne manquent pasd'accufer, entre tous les alimens qu'ils ont pris,celui qu'ils aiment le moins!

Ce n'eft pas que nous ne fâchions qu'il eft desgoûts véritablement infpirés par la Nature , d'a-çrès lefquels la répugnance pour telle ou telle ef-