242 PIÈCE JUSTIFICATIVE N" 61 (1450)
(sic) des ambaxeurs du roy de France, son très chier et très améfrere et alyé.
Quant est au premier article, respond le roy qu’il est trèsjoyeulx et a eu grant plaisir de oir et estre acertenné de la bonnevictoire et conquesle que, par la grâce Dieu, ledit roy de Franceson frere et alyé a eu contre les Anglois pour avoir recouvrée saduchié de Normendie et qu'il aura plus grant joye quant il sauraque de tous poius il aura recouverte sa duchié de (îuienne, et croitbien que sondit frere et alyé, comme catholique prince, en laguerre qu’il dit avoir faite et entend faire ausdiz Anglois, qu’il l’afaite ainsi qu’il appartient au service de Dieu et en gardant saconscience, et ce qu’il a fait, il a fait justement et deuement. Mais,a ce que touche l’acceptation que lesdiz ambaxeurs demandent quele roy face par ses lettres patentes ayant; pour bonne et acceptableladite guerre (pie ledit roy de France a faiete et entend faire ausdizAnglois, il ne se tienne par les traictiez de la paix conformez entrelesdiz roys (pie eulx ne nul d’eulx soient ienuz ne obligiez a fairetelle acceptation, ne donner pour ce leurs lettres, comme a présentdemandent et requièrent icculx ambaxeurs, ne fut demandée, nefaiete, ne acoustumée de demander jusquesicy; pour ce, cecy seroitchose nouvelle et n'est neccessaire de ce demander ne faire, puisqu’il est contenu es diz traictiez que chacun des roys doit avoir laguerre l'un de l’autre comme sienne propre, ainsi que le roy a euet a pour propre la guerre de sondit frere contre lesdiz Anglois,selon qu’il est a tous notoire et l’expérience l’a ainsi monslré et lemonstre.
Au second article, respond le roy qu'il lui plaist de commandera ses subgiez naturelz qu'ilz lacent guerre aux Anglois pour ce queledit roy de France l'en a requis de ainsi le faire, nonobstant quede bonne raison sondit frere lui deust avoir fait notifier de bonneheure la rompture de la trêve qu’il dit (pie les Angloys lui tirent,pourquoy le roy l’eust fait notifiera ses subgiez et si eussent estéadvisez de non alcr en Angleterre ne ailleurs par la mer avecquesleurs marchandises et n’eussent pas tant souffert de maulx et dom-niaiges qu’ilz ont receuz qui leur a esté fait sur la scurté de latreve faiete et conferméc entre lesdiz roys de France et d'Angle-terre, en laquelle le roy fut comprins, ainsi (pie sondit frere et alyéle comprint en elle, dont au roy, pour la requeste dudit roy deFrance son frere lui pleut d’estre comprins en elle. Parquoy estraison qu'il s’y donne telle provision par ledit roy de France sonfrere, que les subgiez du roy soient satisfaiz et réparez de leurs