118 AFFAIRE DE LA CERDAGNE 1ÎT DU ROUSSILLON
datée de Paris, le 30 janvier'; on leur donna également lespouvoirs nécessaires pour conclure le mariage du dauphinCharles avec la fille des Rois Catholiques 1 2 .
Fernando de Pulgar muni des instructions que la reine luiavait remises le 7 février, arriva en France et fit connaîtreque ses souverains ne voulaient traiter du renouvellement del’alliance que si le roi d’Aragon obtenait satisfaction quant àla Cerdagne et an Roussillon. Louis XI n’était nullement dé-cidé à céder sur ce point, et il fut impossible de s’entendre :les évêques de Lombez et d’Albi ne partirent donc pas. On seborna à décider que des plénipotentiaires français se ren-draient à Bayonne et tiendraient à la frontière des conférencesavec les représentants des Rois Catholiques en vue d’aplanirces difficultés 3 . Les nouvelles négociations n’eurent pas plusde succès que les précédentes : les délégués de Louis XI eu-rent une entrevue inutile avec Ferdinand et s’en retour-nèrent sans qu’aucun résultat eût été obtenu. Isabelle ne lesvit point : le 26 juin, écrivant au roi de France, elle luiexprime encore le désir qui l’anime de conserver son amitiéet lui annonce qu’elle lui envoie de nouveau Fernando d.elPulgar pour traiter définitivement 4 5 . Il est probable que cepersonnage ne se mit même pas en route b . D’ailleurs, les pour-parlers n’auraient eu aucune chance d’aboutir : non seule-ment Louis XI prétendait garder la Cerdagne et le Roussil-lon, mais encore il se disposait à prendre rang parmi lesennemis des Rois Catholiques et à faire cause commune avecceux qui leur contestaient même la possession de la Castille.
1. Lettres de Louis XI, éd. cit., p. 308.
2. Imprimé dans les Preuves des Mémoires de. Philippe de Comines,édition Lenglet-Dufresnoy (Londres et Paris, 1747, t. III, p. 362). Cetteprincesse, nommée Isabelle comme sa mère, naquit le 1 er octobre 1470,épousa en 1490 D. Alonso, héritier de Portugal qui périt en 1491 d’unechute de cheval, puis D. Manuel, roi de Portugal en 1495; elle mouruten couches en août 1498 (Cf. Florez, op. cit., t. II, p. 845).
3. Fernando del Pulgar dit (Cronica, éd. cit., p. 254, col. 2) que lesambassadeurs français devaient être un évêque et deux chevaliers.Nous savons par un document postérieur les noms de ces délégués :Charles de la Vernade, Jean de Vandaigno et Claude de Crillon (ms.lat. 6024, fol. 190).
4. Lettre datée d’Avila, imprimée par A. Morel-Fatio. op. cit.,
p. 112.
5. Fernando del Pulgar dans sa Cronica ne fait aucune allusion à unnouveau voyage qu’il aurait accompli en P’rance.