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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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MARCHANDS ESPAGNOLS ET FRANÇAIS 09

par égard pour son allié, dexhorter Gaston IV, à sabs-tenir dhostilités en attendant larbitrage du roi de Castille.

Jean II avait déjà, comme nous lavons dit plus haut,intercédé auprès de Charles VII en faveur de Jean IV, comtedArmagnac. Henri, à son tour, recommandait au roi deFrance, Jean V, fils de ce dernier. Mais, sur ce point,Charles, tout en regrettant que le comte se fût exposé à larigueur de la justice, répondit que laffaire devait suivre soncours à cause « des grans cas par lui commis, qui sont degrant escandale » ; cependant il a autorisé Jean V à venir sejustifier en sa présence 1 .

Peu de temps auparavant, il avait été décidé (probable-ment dans les conventions de Gannat) que le roi de Francedésignerait un officier ayant pouvoir de mettre « anexe » enCastille aux sauf-conduits en nombre déterminé, accordéspar Henri IV à des Anglais, comme cela se pratiquait enFrance. Charles VII promit de nommer ce fonctionnaire auplus tôt.

Le roi de France avait pris lengagement de faire respecterles privilèges des marchands castillans : Henri lui demandady veiller, surtout dans les villes de Bordeaux et deBayonne, et dordonner la restitution de ce quon avait in-justement enlevé .à ses sujets. Charles VII renouvela lapromesse faite à Gannat, mais déclara que les Espagnolsdevaient acquitter le droit de « traicte » sur les vins et autresmarchandises sortant du royaume, car ce droit est comprisdans le domaine royal et na jamais été aliéné. Il en'profitapour demander que des avantages fussent concédés aux Fran-çais faisant le commerce en Castille, et pour parler du traitési préjudiciable à la France, intervenu entre Espagnols etAllemands : les plénipotentiaires de Gannat avaient promis desen occuper, mais, depuis, on nen a eu aucune nouvelle.

D. Juan Manuel et son compagnon prièrent Charles VII dedonner des ordres pour que les navires des deux nations fus-

1. Jean V, devenu comte d'Armagnac en 1450, avait été excommuniéà cause de ses relations incestueuses avec sa sœur Isabelle ; mais ayantcorrompu un protonotaire du Pape, il obtint une fausse bulle de dis-pense et épousa publiquement sa maîtresse. Poursuivi devant le Par-lement de Paris pour ce crime et aussi à cause de ses intelligencesavec les Anglais, il fut condamné à lexil et ses biens furent confisqués(V. de Beaucourt, op. cil., t. VI, p. 32 et infra).