AMBASSADE DE 142G
18
envoyés d’examiner « se ilz pourroient prouffiter a sa déli-vrance, et au inieulx qu’ilz pourront, s’y emploieront » ; maisla plus grande prudence leur est recommandée à ce sujet, ilsn’agiront que s’ils trouvent « la chose disposée à ce, sanspour ce acquérir ennemis et que ce ne soit ou feust préju-diciable à leur dite ambaxade. » Enfin, si malgré leurs effortsils ne pouvaient obtenir de secours du roi ni des princes, ilsdevraient chercher à enrôler en Espagne pour le service deleur souverain six cents hommes d’armes et deux millehommes de trait.
Les instructions que nous venons d’analyser ne servirentpoint; l’archevêque de Tours et ses compagnons ne parti-rent pas pour la Castille. M. de Boaucourt a remarqué avecraison, que dans la suite, le roi de France s’excusa de n’avoirenvoyé aucune ambassade ,à son allié depuis la mort de sonpère 1 . Nous trouvons, on effet, à la date du 28 mars 1420,d’autres instructions destinées à Guillaume de Montjoie,évêque de Béziers, au vicomte de Carmaing et à maître Guil-laume de Quiefdeville qu’on charge d’une mission auprès deJean II'. Après les salutations d’usage, ils informeront ceprince « de l’estât et bonne prospérité du Roy et de laRoyno et de monseigneur le daulphin et des seigneurs deson sang », puis ils diront que le duc de Bretagne et sesfrères se sont rangés au parti royal ainsi que Charles deBourbon, le comte de Foix, le sire d’Albret, les comtes de Com-minges et d’Astarac, que le plus grand désir de Charles YIIest de se réconcilier avec le duc de Bourgogne, que les ducsde Savoie et de Bretagne s’emploient activement à amenerun accord, les chances de succès paraissant d’autant plusgrandes, que la mésintelligence a éclaté entre Philippe le Bonet le duc de Gloucester. Ensuite, s’il semble aux ambassa-deurs que « mesticr soit, excuseront le Roy que plus tostn’aenvoié devers ledit Roy de Castille puis la mort de son feu
Castille, connue sous le nom de « la rica hembra ». Il fut grand maîtrede Santiago, et épousa d’abord D' 1 Catalina, fille de Henri III, puisD a Beatriz Pimentel, fille du comte de Benavente (Florez, op. cil.,t. II, p. 695).
1. De Beaucourt, op. cil., t. II, p. 312.
2. Ms. lat. 6024, fol. 26-28, pièce just. n° 57. Charles VII recom-mande ses ambassadeurs à la bienveillance de I). Fadrique, duc d’Ar-jona ( Ihidcm , fol. 21), pièce just. ii" 58.