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Jean I orl réunit en conséquence les compagnies envoyées parCharles VI, les remercia du zèle qu’elles avaient montrépour son service et des souffrances qu’elles avaient enduréespendant un si long voyage ; il ajouta que, grâce à Dieu, lesennemis s’étant éloignés, il n’avait plus besoin d’elles et lespria de s’en retourner ; tout ce qui leur était dû leur seraitd’ailleurs payé. Les capitaines français insistèrent, mais sanssuccès, pour que le roi les employât dans une expédition enPortugal, disant avoir des ordres formels de leur maîtrepour l’accompagner dans cette guerre. L'archevêque de Com-postelle, D. Juan Garcia Manrique, grand chancelier, futchargé d’aller à Burgos avec les « contadores » pour s’entendreavec les capitaines an sujet de leur solde et de celle do leurshommes. Les troupes auxiliaires furent payées dans cetteville, mais non intégralement : on leur fit des reconnais-sances en bonne forme pour les sommes dont ils demeuraientcréanciers ; elles les reçurent plus tard, peu à peu, car despaiements furent effectués encore sous le règne de Henri III,successeur de Jean.
Il y eut alors dans la Péninsule une sorte de trêve entre leroi de Castille et le duc de Lancastre ; des envoyés des deuxprinces devaient se réunir à Bayonne pour traiter d’un accorddéfinitif. Mais pendant ce temps, entre la France et l’Angle-terre, là guerre se poursuivait, et Charles VI demandaitencore à son allié des secours maritimes. Par un acte datéde Noyon, le 29 novembre 1387 1 2 , le roi délègue pour serendre en Castille l’amiral de France, Jean de Vienne, Jac-ques de Montmor, chambellan, et maître Guillaume Daunoy,secrétaire, « pour certaines choses touclians le fait de laguerre commune contre nostre adversaire d’Angleterre » : ils’agissait d’équiper une Hotte pour la saison prochaine. Lesambassadeurs dont nous connaissons les instructions 3 , de-vaient, après avoir salué Jean I e1 ', lui donner des nouvelles duroi de France, de ses oncles les ducs de Berry et de Bour-gogne, de son frère le duc de Touraine, lui dire aussi « lebon estât de son royaume et la vraye obéissance qu’il a con-
1. Crônica de D. Juan primera, éd. cît., p. 116, col. 1 et 2.
2. Arch. nat, J. 915, n° 9 (Imprimé par Terrier de Loray, op. cil.,pièce just. n° 127, p. ci.vir. Cf. le même ouvrage, pp. 229 et 239).
3. Terrier de Loray, op. cil., pièce just., n° 126, p. cuv.