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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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I.E COMTE DE TIUSTAMA1U EN Eli ANGE

liens qui unissaient les deux pays se soient peu à peu relâ-chés. Mais lamitié franco-castillane nétait pas morte ; elle netarda pas à revivre sous une autre forme : le dauphin Charlesopposa en effet à Pierre un prétendant, réussit à le fairetriompher, et lalliance fut rétablie plus solide quauparavant.

D. Enrique, comte de Trastamara, fils naturel dAl-phonse XI et de D a Leonor de Guzman sétait à plusieursreprises révolté contre Pierre. Il avait quitté son pays,sétait mis ainsi que son frère D. Sancho au service du roidAragon en guerre avec la Castille. Après la conclusion dela paix entre les deux états, au mois de juin 1361, il tentaitde pénétrer avec une bande de ses partisans dans la séné-chaussée de Carcassonne et on ne paraissait pas disposé àlui faire accueil '. Réduit à une situation très précaire, ilacceptait en février 1362 de défendre avec ses compagnons laprovince de Languedoc contre les routiers qui linfestaient.Pour se débarrasser des grandes compagnies restées sansemploi depuis le traité de Brétigny, on songea à les envoyeren Espagne au service du comte de Trastamara qui brûlaitde recommencer la lutte contre son frère. Le 23 juillet 1362 1 2 ,ce prince, daccord avec Arnoul dAudrehem, maréchal deFrance, fit avec les chefs des compagnies un traité : il lesprenait à sa solde pour lexpédition quil méditait. Il vint lui-même à Paris, et, le 13 août suivant 3 , promettait au régentdentraîner ces bandes en Castille sans jamais les ramener.Lui, son frère D. Sancho et ses compagnons prêtaient foi ethommage au roi, juraient dexécuter fidèlement ses ordreset de le servir loyalement contre tous. En retour, le dauphinconcédait aux réfugiés espagnols pour leur entretien certainesterres dont ils percevraient les revenus jusquà concurrencede 10,000 livres ; si ces terres ne produisaient pas une tellesomme, la différence leur serait assignée sur les fonds de latrésorerie de Toulouse. Le régent de France sengageait en

1. Cf. Aug. et Em. Molinier, édition de la Chronique normande duxiv e siècle, p. 341, note m. Sur le premier séjour du comte de Tras-tamara en France, cf. Histoire du Languedoc, nouvelle édition, t. IX,pp. 774 et infra.

2. Hay du Chastelet, op. cil. (preuves, p. 313). V. Em. Molinier,Elude sur la vie d'Arnoul d'Audrehem, maréchal de France (Mémoiresprésentés par divers savants à U Académie des Inscriptions, 2 e série,1. vi, 1383), pp. 105 et suiv.

3. II. du Chastelet, op. cil. (preuves, p. 315).