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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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CLÉMENT VI APPUIE LALLIANCE FRANÇAISE

règne qui souvrait, en dépendait, croyait-on. La Francenavait point encore retiré de son alliance avec la Castilletous les avantages sur lesquels on avait compté : aux. prisesavec lAngleterre dans une lutte qui jusqualors ne lui avaitpas été favorable, il lui importait plus que jamais de sassurerle concours dévoué dune puissance amie.

Le pape Clément VI, nous lavons constaté, navait riennégligé pour favoriser un mariage qui, en unissant les deuxmaisons, affermirait leur accord : il avait échoué. Mais lorsquePierre devint roi, il crut que le moment était favorablepour faire une nouvelle tentative. Moins de trois mois aprèsla mort dAlphonse, il sadresse au jeune souverain le13 juin 1350 1 et lui rappelle les alliances qui ont été concluespar son père avec Philippe de Valois, lui conseille de lesrenouveler et de rendre le rapprochement plus intime enépousant une princesse de la maison de France ; il ajouteque le Saint-Siège est très favorable à un tel mariage et ilpromet daccorder toutes les dispenses qui seraient néces-saires. En même temps, le Pontife engage la reine-mèreMarie à pousser son fils dans la voie quil lui indique 2 ;il écrit aussi aux principaux conseillers du jeune roi : à Gilde Albornoz, archevêque de Tolède, aux évêques de Palenciaet de Sigiienza, à D. Juan Alfonso de Alburquerquc et à1). Fernando dAragon, marquis de Tortosa 3 .

Un peu plus tard, le 5 juillet, Clément VI revient sur lesprojets de mariage quil forme pour Pierre et les précise :il nomme cette fois la fiancée à laquelle il songe pour lui,cest Jeanne, dernier enfant de Philippe dÉvroux et sœur duroi de Navarre, Charles le Mauvais 4 5 . Il fait la même propo-sition à la reine et la presse de conserver les alliances avecla France''*.

1. Reg. Vat. 144, fol. xxix v", pièce just. n° 25.

2. Ibidem, fol. xxix r°, pièce just. n° 26.

3. Ibidem, 144, fol. xxix v u et r°. D. Fernando dAragon, marquisde Tortosa, était cousin germain de Pierre I 01 ': il était fils d AlphonseIV, roi dAragon, et de L) 1 Leonor de Castille, seconde femme de ceprince et-sœur dAlphonse XI. Suspect à Pierre IV, roi dAragon, ilsétait retiré en Castille avec sa mère et un frère du même lit nomméI). Juan. (V. Mérimée, op. cil., pp. 44 et 45 et dofarull, Comtes deBarcdona, II, 266.)

4. Reg. Vat. 144, fol. xl v°, pièce just. n° 27.

5. Ibidem, 144, fol. xli r°. Lidée de cette union semblait avoir étésuggérée au Pape par le roi de Navarre, ainsi que le prouve une lettre