INTRODUCTION.
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Il fallait distribuer les eaux necessaires à la vie des habitans, et legaz qui produit cette lumière si brillante et si pure qu’elle apparaîten nos cite's , durant les nuits les plus profondes, comme une auroreanticipée! Pour remplir ce seul objet d’utilité générale, on a posédes canaux et des conduits qui, dès à présent, se ramifient dans uneétendue de quatre cents lieues, sous le pavé de Londres.
Les communications à ciel ouvert sont l’objet d’une même sollici-tude, et de travaux plus vastes encore. Les chemins existans déjà soutélargis et reconstruits avec plus d’art, entretenus avec plus de soin;des voies nouvelles sont livrées au commerce, et l’on forme un sys-tème de routes dont la longueur totale est aujourd’hui supérieure àquarante-six mille lieues, dans la seule Angleterre.
Tandis que ces prodiges s’opèrent, des bassins , des ports sontcreusés pour contenir les navires; des môles, des jetées, des phares,nouvellement établis, augmentent la sécurité des abords, et l’abri detous les mouillages, sur plus de six cents lieues de côtes. Grâces à cestravaux, en ce moment, dans les trois royaumes, vingt-deux mille troiscents navires marchands, montés par cent soixante mille hommes,et capables de porter deux millions de tonneaux de marchandises ,suffisent à peine, au transport de côte en côte, à l’exportation du su-perflu de la circulation intérieure, et à l’importation des produitsétrangers nécessaires pour entretenir cette immense circulation.
Voilà le progrès dont l’origine remonte au milieu de la guerre desept ans; progrès que la guerre si désastreuse contre les colonies d’A-mérique , a ralenti, sans pouvoir l’interrompre; progrès qui tout àcoup s’est ranimé , par l’abandon de ces mêmes colonies; progrès qui,surtout, a pris une marche gigantesque, durant les guerres si acharnéeset si longues , de la République, du Consulat et de l’Empire français.
C’est ainsi que l’Angleterre ilorissait au dedans, lorsque ses sacri-fices au dehors nous semblaient accélérer sa ruine et préparer sachute. C’est ainsi que depuis la paix même , entrant, contre tous lespeuples , dans une guerre d’industrie ; animée de sa force commer-ciale intérieure, comme un être vivant l’est de sa force vitale, ellea renversé tous ses rivaux , à l’extrémité du nouveau monde ainsiqu’au coeur de l’ancien. Une fois supérieure dans cette lutte, ellejette son antique cuirasse, et fait tomber les remparts de ses prohi-