COTES ET PORTS. 129
grès delà raison et de l’esprit humain. C’est par un grand nom-lire d’observations locales de cette nature, que j’ai pu me con-vaincre de la diffusion des lumières chez le peuple écossais.
Le phare de Bell-Rock est une école pratique de gardiennage.Les élèves y font un noviciat assez dur ; ils restent d’abordplusieurs mois sans aller à terre, puis y vont à tour de rôle,avec les autres gardiens. Dès qu’ils savent nettoyer, apprêter,placer les réflecteurs et les lampes, on les envoie, commeaides, dans les établissemens construits et administrés par lesC 1TS . des phares du Nord. Ensuite, à mesure que des placesviennent à vaquer, ils sont nommés surveillans en chef.
Les gardiens tiennent registre de chaque personne qui visitele phare, et la prient de joindre à son nom quelques lignesqui contiennent l’expression de sa pensée au sujet de ce bel édi-fice. Je n’ai trouvé de remarquable sur ce singulier album ,que six vers improvisés par sir Walter Scott *, le chantrede l’Ecosse ; les plus beaux sites de cette contrée pittoresquedoivent à son génie une célébrité que n’aurait pu leur donnerla magnificence et même la sublimité de leurs aspects.
• * Fnr in the bosom of the deep
O’er the ivild shelves my watch I Kecp.
A ruddy gem of changeful light ,
Sound on the dus/y brotv ofnight,
The seamcin buis , my lustre hails ,
And sconxs to strike his timorous sails.
Offrons une imitation très-libre de ces vers :
Au milieu des déserts de l’immense Océan ,
De perfides écueils formant sa large base,
Le phare, dans les cieux au loin resplendissant,
Tel qu’un astre immobile et qui change de phase,
Apparait, disparait, reparaît tour-à-tour ;
Variant ses clartés, comme l’aube du jour,
Il répand à longs flots sa lumière argentine,
Puis de l’aurore il prend la teinte purpurine.
Dirigé par ces.feux, l’heureux navigateur,
*7
VL