l4 DISCOURS PE.^LIMIïr AIRE.
Le système incohérent de nos mesures, outre ses incon»véniens réels, avoit un vice originel qui en fit liâtprl’abolition : la confusion qui y régnoit étoit en grandepartie l’ouvrage de cette féodalité que personne n’osoitplus défendre, et dont on travailloit à faire disparoîtrejusqu’aux moindres vestiges. Ce concours unique de cir-constances valut un accueil favorable à la propositionfaite en 1790 à l’assemblée constituante par M. de Tal-leyrand, aujourd’hui ministre des relations extérieures.Le 6 mai, M. de Bonnai fit son rapport 5 et le 8 dumême mois l’assemblée rendit un décret par lequel leroi étoit supplié d'écrire à S. M. Britannique , et deLa prier d’èngager le parlement d'Angleterre à concouriravec Vassemblée nationale à la, fixation de l'unité na-turelle des mesures et des poids , afin que , sous lesauspices des deux nations , des commissaires de V Aca-démie des sciences pussent se réunir en nombre égalavec des membres choisis de la Société royale de Lon-dres , dans le lieu qui serait jugé respectivement le plusconvenable , pour déterminer à la latitude de 4b d grés ,ou toute autre latitude qui pourroit être préférée , lalongueur du pendule , et en déduire un modèle inva-riable pour toutes les mesures et pour les poids.
Ce décret fut sanctionné le 22 août. L’Académienomma une commission composée de MM. Borda,Lagrange, Laplace, Monge et Condorcet. Leur rap-port, imprimé dans les Mémoires de l Académie dessciences pour 1788, p. 7, est du 19 mars 1791. On yvoit les raisons qui peuvent être alléguées en faveur des