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IILSTOIHE ET COSTUMES
et 11 ’cn sortirait que pour aller mourir sur un échafaud, quel saisissementne l’eût pas pris!
L’ordre de Malte trouva aussi deux traîtres dans son sein. L’un luilit perdre l’ile de Rhodes, en 1522, et l’autre l’île de Malte, en 1798.Tout le monde sait que Dolomieu, chevalier de Malte, était sur laHotte de Bonaparte, quand ee général alla s’emparer du glorieux rochersur lequel flottait l’étendard de La Valette, pour en faire plus tard la proiedes ennemis de la France.
L’ordre du Temple, ainsi diffamé, ne pouvait plus exister, et l'opiniongénérale était qu’il fallait l’abolir. Mais quel sort fallait-il faire usesmembres? C’était là-dessus que les opinions devenaient divergentes. Oncrut donc qu’il fallait voir jusqu’à quel point les membres de l’ordreavaient trempé dans les abominations qu’on lui reprochait.
Il y eut en conséquence une foule d’arrestations opérées, tant par l’au-torité ecclésiastique que par l’autorité royale. Les commissaires du pape,d’un côté, ceux du roi, de l’autre, interrogèrent les templiers arrêtés.D’abord la plupart de ces malheureux avouèrent, on ne sait comment,les crimes dont tout l’ordre était accusé; d’autres les nièrent. Les premiers,qui avaient avoué, revinrent ensuite sur leurs confessions, et dirent quec’était pour échapper à la mort qu’ils avaient fait leurs premiers aveux, etqu’ils les rétractaient. Néanmoins cinquante-neuf chevaliers condamnéscomme relaps par l’évêque de Paris, furent livrés par son oflicial,en 1510, au bras séculier, et brûlés hors la porte Saint-Antoine. C’étaitpeut-être la première fournée (1) qui passait par celte porte, qui devaitplus tard s’ouvrir pour tant d’autres.
Celte époque de la proscription des templiers est celle de rétablisse-ment de leurs heureux rivaux, les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusa-lem, dans file de Rhodes, en 1509. C’est alors qu’ils prirent le nom dechevaliers de Ilhodes, comme nous l’avons dit.
L’abolition de l’ordre des templiers ne se borna point à ceux de France.Ils furent, comme plus tard les jésuites, poursuivis dans tout le mondechrétien, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en Allemagne. En
(I) Comme il faut toujours un mol plaisant aux Parisiens, ils donnaient le nom de [miniersà ces lugubres convois, <|iii sortaient tous les jours des prisons, du temps de la terreur, con-duisant à la mort, à la barrière du Trône, laubourg Saint-Antoine, les victimes condamnéespar le tribunal révolutionnaire.