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[3] (1845)
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18
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IS

IILSTOIHE ET COSTUMES

et 11cn sortirait que pour aller mourir sur un échafaud, quel saisissementne leût pas pris!

Lordre de Malte trouva aussi deux traîtres dans son sein. Lun luilit perdre lile de Rhodes, en 1522, et lautre lîle de Malte, en 1798.Tout le monde sait que Dolomieu, chevalier de Malte, était sur laHotte de Bonaparte, quand ee général alla semparer du glorieux rochersur lequel flottait létendard de La Valette, pour en faire plus tard la proiedes ennemis de la France.

Lordre du Temple, ainsi diffamé, ne pouvait plus exister, et l'opiniongénérale était quil fallait labolir. Mais quel sort fallait-il faire usesmembres? Cétait-dessus que les opinions devenaient divergentes. Oncrut donc quil fallait voir jusquà quel point les membres de lordreavaient trempé dans les abominations quon lui reprochait.

Il y eut en conséquence une foule darrestations opérées, tant par lau-torité ecclésiastique que par lautorité royale. Les commissaires du pape,dun côté, ceux du roi, de lautre, interrogèrent les templiers arrêtés.Dabord la plupart de ces malheureux avouèrent, on ne sait comment,les crimes dont tout lordre était accusé; dautres les nièrent. Les premiers,qui avaient avoué, revinrent ensuite sur leurs confessions, et dirent quecétait pour échapper à la mort quils avaient fait leurs premiers aveux, etquils les rétractaient. Néanmoins cinquante-neuf chevaliers condamnéscomme relaps par lévêque de Paris, furent livrés par son oflicial,en 1510, au bras séculier, et brûlés hors la porte Saint-Antoine. Cétaitpeut-être la première fournée (1) qui passait par celte porte, qui devaitplus tard souvrir pour tant dautres.

Celte époque de la proscription des templiers est celle de rétablisse-ment de leurs heureux rivaux, les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusa-lem, dans file de Rhodes, en 1509. Cest alors quils prirent le nom dechevaliers de Ilhodes, comme nous lavons dit.

Labolition de lordre des templiers ne se borna point à ceux de France.Ils furent, comme plus tard les jésuites, poursuivis dans tout le mondechrétien, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en Allemagne. En

(I) Comme il faut toujours un mol plaisant aux Parisiens, ils donnaient le nom de [miniersà ces lugubres convois, <|iii sortaient tous les jours des prisons, du temps de la terreur, con-duisant à la mort, à la barrière du Trône, laubourg Saint-Antoine, les victimes condamnéespar le tribunal révolutionnaire.