T KM P LIER S.
Tous les ordres militaires établis au moyen âge, pour la défense de lareligion catholique, ont eu, comme toutes les choses humaines, leursprogrès et leur décadence par les causes ordinaires qui agissent sur toutce qui existe dans le monde.
Ces ordres étaient, pour ainsi dire, le patrimoine de la noblesse, qui yplaçait ses enfants, dans des siècles où tout noble n’avait d’autre carrièredigne de lui que celle des armes.
Tant qu’il y a eu des Sarrasins en Asie, des Mores efl Espagne et desforbans dans la Méditerranée, les ordres militaires, animés du doubleesprit de la religion et de la valeur nationale, ont rendu de grands ser-vices aux souverains et mérité rattachement des peuples qu’ils défendaient.
Mais quand le temps, qui use tout, eut amené d’autres idées et d’autresintérêts, les ordres militaires ont perdu leur importance : les événements,produits nécessaires d’une nouvelle situation, ont entraîné avec eux cesordres devenus inutiles, après avoir eu une existence plus ou moinslongue, plus ou moins brillante, tant en France qu’en Espagne, en Por-tugal et en Italie.
Un de ces anciens ordres militaires n’a pas attendu cette époque, demort naturelle, et a disparu tout à coup, comme frappé de la foudre,après moins de deux siècles d’existence. C’est celui des templiers.
À ce mot, quelle foule de souvenirs se présente à l’esprit! Ces cheva-liers ont eu leur temps de gloire, d’utilité; mais c’est plutôt leur chute(pie leurs exploits qui les signale dans l’histoire.
Quel règne que celui de Philippe le Bel, monarque qui aurait, plutôt<pie son père, mérité le surnom de Philippe le Hardi, par tous les actesde violence et d’emportement, qui ont marqué son gouvernement!
Le comte de Flandre, Gui Dampierre,.ses fils et sa fille, confinés dans