HOSPITALIÈRES
DK L’ORDRE DE SAINT-JEAN-DE-JÉRUSALEM.
L’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem a eu aussi ses religieuses. Si lesfemmes ne pouvaient pas aller chercher, dans les combats, les dangers clla gloire, elles pouvaient au moins se livrer, dans l’hôpital, à des fonctionsplus convenables à leur sexe, en servant les malades. C’est un genre d’oc-cupations pour lequel la nature leur a donné plus de sympathie; c’est unpenchant que la religion a souvent développé chez elles jusqu’à l’héroïsme.
11 paraît que l’existence des hospitalières dans l’ordre est aussi ancienneque celle des hospitaliers. En élevant, à Jérusalem, un hôpital pour leshommes, Gérard en éleva aussi un pour les femmes. On connaît même lenom de celle qui était supérieure de ces dernières, en l’an 1099, époquede la conquête de la ville par les croisés. On ne sait pas ce que devinrentces religieuses, quand la ville sainte tomba, en 1187, au pouvoir deSaladin. Mais, l’année suivante, Sanche, reine d’Aragon, acheta un lieunommé Sixène, situé entre Lerida et Saragosse, qui appartenait à l’ordrede Saint-Jean, et y fit construire un superbe hôpital, où elle mit des reli-gieuses, à qui elle donna pour règle celle des hospitaliers de Saint-Jean,avec quelques constitutions particulières tirées de celle de Saint-Augustin.
La reine Sanche, après la mort de son mari, Alphonse II, se retiradans ce couvent, et y prit l’habit avec une de ses filles. Deux cents ansplus tard, on vit aussi une fille d’un autre roi d’Aragon s’y faire religieuse.Cette maison bâtie avec une magnificence royale, et ressemblant à uneforteresse, contenait un très-beau palais pour la prieure. Les religieusesétaient au nombre de soixante et étaient nobles. Les jeunes portaientle nom d’écolières, et les anciennes celui de maîtresses.
Elles célébraient l’office divin avec une grande pompe, surtout les jours