CONGRÉGATION DE SAINT-MAUR.
Nous avons vu que l’ordre de Saint-Benoît avait produit successivementdeux nouveaux ordres, comme deux branches sorties d’un tronc vigou-reux, savoir : l’ordre de Cluny et celui de Cîteaux.
L’ordre primitif et ses deux branches s’altérèrent à la longue, et eurentbesoin de réforme, comme cela est arrivé à la plupart des ordres religieux.C’est au dix-septième siècle que cette grande réforme a eu lieu. Nousl’avons déjà vu pour l’ordre de Cluny, et en partie pour celui de Cîteauxau chapitre des feuillants.
Nous allons aujourd’hui donner l’histoire de la réforme mémorable quiraviva l’ordre primitif, et mit le comble à sa gloire dans ce même sièclequi fut si fécond, tant en réformes d’ordres anciens qu’en établissementsd’ordres nouveaux.
Nous avons dit, page 58, tome I er , que Dom Didier de la Cour avaitdemandé aux religieux du Mont-Cassin des renseignements sur leurs con-stitutions, pour dresser celles de la congrégation de Saint-Vanne, qu’ilavait fondée.
Saint-Vanne était une abbaye fort ancienne à Verdun en Lorraine. Ladiscipline y était fort relâchée, comme dans presque toutes les abbayesde cette province, vers la fin du seizième siècle. Après un essai infruc-tueux de réforme, le cardinal de Lorraine, légat du saint-siège dans cepays, avait été obligé d’en séculariser un grand nombre.
Didier de la Cour, dont les parents avaient été ruinés par les guerres,dont la malheureuse Lorraine était souvent le théâtre, était venu, fauted’autres moyens d’existence, demander une place de frère convers àl’abbaye de Saint-Vanne. Mais par la protection d’un de ses oncles, ilobtint d’être reçu au nombre des religieux de ce monastère, qui cepen-