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HISTOIlîE ET COSTUMES
les œuvres de miséricorde partout où ils en trouvent l’occasion, selon lamaxime de saint Paul de se faire tout à tous. Ils ont des établissementsdestinés à instruire la jeunesse, et même des ermitages pour ceux qui ontle goût de la contemplation et des austérités. Les supérieurs leur accordentla permission de se livrer à ce genre de vie, mais se gardent bien de lesy obliger.
François Caracciolo lut un modèle de toutes les vertus. Il assistait lespauvres jusqu’à se dépouiller de ses propres vêtements pour les en couvrir.Toujours occupé du salut des âmes, il ne sortait de sa boucbe que desparoles d’édification. Partout où il se trouvait il saisissait l’occasion deparler de Dieu. Le zèle du bien animait toute sa personne et se lisait dansle feu de ses regards.
Quoique général de son ordre, il ne dédaignait pas d’en exercer les plushumbles emplois. On le voyait balayer les corridors, faire les lits de sesfrères, nettoyer les ustensiles de cuisine, comme les derniers de la com-munauté.
Dès le point du jour on le trouvait, à son confessionnal, oii il attendaitles pauvres pour les entendre, les consoler, et leur apprendre les véritésde la religion, dont cette classe a tant besoin pour éviter les malheursattachés à la misère : comme s’il eût voulu qu’on dît de lui, ce que leSauveur dit de lui-même aux disciples de saint Jean : Pauperes evangeli-zaulur.
Ce digne fondateur jouissait de l’estime particulière des rois d’EspagnePhilippe II et Philippe III. C’était un dédommagement des nombreuxchagrins qu’il avait éprouvés par les calomnies répandues contre lui.
Après avoir fait deux voyages en Espagne, en 1594 et 1598, il se démitde sa charge de général et fit un pèlerinage à Notre-Dame de Lorelte.Lorsqu’il en revenait, il fut pris de la fièvre dans un couvent de sa con-grégation dans l’Àbruzze. Sentant sa fin approcher, il dit : C’est ici le lieude mon repos (1). Il demanda le sacrement des mourants, exhorta sesfrères réunis autour de son lit, à être fidèles à leurs vœux, recommandason âme à Dieu, et expira en 1608, à l’âge de quarante-quatre ans.
Son corps fut transféré à Naples. Il fut béatifié par Clément XIV etcanonisé, comme nous l’avons dit, en 1807.
(i) lloc requin nieti in swnîlum sœcvli. l’s 151, v. 15.