MO HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
Dans les commencements, les angéliques ne gardaient pas la clôture,mais suivaient les barnabites dans leurs missions, partageant leurs travauxen tâchant de convertir les femmes, tandis que les religieux convertis-saient les hommes. Le P. Zacharie ayant été prêcher à Vicence, la com-tesse l’y accompagna avec une de ses compagnes.
Cette même dame ne se borna pas à la fondation des angéliques deMilan. Elle, acheta encore dans la même ville un grand terrain, où elle fitconstruire une belle maison, qu’on appela le collège de Guastalla, pourdix-huit filles nobles et orphelines, qui y seraient élevées pendant douzeans, et qui recevraient en sortant une dot de 2,000 livres pour se marierou se faire religieuses à leur choix.
La nomination de ces pensionnaires était confiée à une commission degentilshommes de la ville, qui était chargée en même temps de l’adminis-tration des biens. Les maîtresses chargées de l’éducation de ces jeunespersonnes, sans faire aucun vœu, vivaient cependant comme des religieuses,mangeant en commun et faisant l’office. On leur donnait le nom de guas-lallines. C’est dans cet établissement que la comtesse de Guastalla voulutfinir ses jours. Elle y mourut, en 1559, à soixante-neuf ans.
Un autre monastère d’angéliques fut fondé à Crémone par une parentede Zacharie, et d’après ses conseils.
Les angéliques portent le même habit que les dominicaines. Elles yajoutent une croix de bois qu’elles portent sur la poitrine, et un anneaud’or au doigt, sur lequel est gravé l’image du crucifix : et elles ont autourdu cou une corde de chanvre.
Les guastallines portent l’habit noir et un voile blanc sur la tête, et ontau doigt le même anneau que les angéliques. Les pensionnaires sont habil-lées en bleu.
On voyait souvent parmi ces religieuses des filles de familles distinguées.Nous avons la vie d’angélique Jeanne de Visconti Borromée, écrite en 1075par angélique Marie-Anne de Gonzague; à cette époque la supérieuredu couvent de Milan était une princesse de la maison d’Esle.