ORATORIENS EN FRANCE.
L’Oratoire français a été une copie assez exacte de celui de l’Italie. Ladifférence qui se trouve entre ces deux instituts, c’est que le fondateur dela congrégation de France n’a pas reçu, connue celui de la congrégationd’Italie, les honneurs d’un culte public, qu’il recevra peut-être un jour.
Ce fondateur est le cardinal de Bérulle, né en 1575 au château deSerilly, près de Troyes, en Champagne. Son père était conseiller au parle-ment de Paris, et sa mère, Louise Séguier, était tante du fameux chance-lier de ce nom, mort à Saint-Germain en Laye en 1672. Cette femmepieuse, veuve de bonne heure, prit un soin particulier de l’éducation deses enfants dont Bérulle était l’aîné, et ensuite, profitant de sa liberté, ellese fit carmélite, sous le nom de sœur des anges.
Bérulle perdit son père à l’âge de huit ans, et fut placé par sa mère aucollège des jésuites, où il fit d’excellentes études, et se forma aux vertuschrétiennes. Tous ses goûts le portaient à la piété, et, si Philippe de Nériaimait à aller méditer dans les catacombes de Borne, Bérulle, son émule,se plaisait à s’enfoncer dans les bois pour nourrir son âme de la pensée desvérités éternelles.
Sa première intention était d’embrasser l’état religieux, ou au moinsde se faire prêtre; mais sa famille avait sur lui d’autres vues, et voulaitl’engager à étudier le droit pour entrer dans la magistrature. Il déclaradonc que sa vocation l’appelait au sacerdoce, et il obtint la permissiond’étudier la théologie. Il y fit en peu de temps de grands progrès, et dèsl’âge de dix-huit ans, il était déjà capable d’entrer en lice sur les ma-tières de controverses religieuses qui s’agitaient à cette époque, où lenombre des hérétiques était encore fort grand en France.
Quand il eut atteint, l’âge de prendre les ordres, il s’y prépara par uneretraite de quarante jours, dans le couvent des capucins, où il observa un