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HISTOIRE ET COSTUMES
qu’une extrême faiblesse: il s’éteignit à minuit, le 25 mai 1595, âgé dequatre-vingt-deux ans.
On travailla à sa canonisation peu de temps après sa mort. Henri IV,roi de France, la demanda lui-même au souverain pontife, en reconnais-sance de ce que le saint avait coopéré à sa réconciliation avec l’Église. Cettedémarche du roi donne un démenti solennel à ceux qui ont dit que ceprince avait joué la comédie en faisant abjuration de l’hérésie, à laquelleil n’avait renoncé qu’en apparence. Cette canonisation fut enfin obtenuepar Louis XIII, et prononcée par Grégoire XV en 1622.
La vie de saint Philippe de Néri fut écrite, cinq ans après sa mort, parAntonio Gallonio, qui avait été un de ses disciples. Cet auteur, habile cri-tique, avait déjà fait imprimer, du vivant de son supérieur, un livre très-estimé, et qui fut réimprimé à Paris en 1569, sur les supplices des premiersmartyrs.
Le tableau qu’il nous trace des vertus du saint, et dont il avait ététémoin lui-même, nous en donne la plus haute idée. La ferveur de scsprières, les ravissements qu’il éprouvait dans son oraison, le tact surna-turel avec lequel il savait découvrir ce qui se passait dans l’intérieur deceux qui s’adressaient à lui, surpassent tout ce qu’on peut imaginer deplus parfait, et rappellent ce que dit saint Paul, que ceux qu’anime l’espritde Dieu font des choses qu’on n’a jamais pu voir ni comprendre (1).
Saint Paul n’a-t-il pas écrit lui-même qu’il a été ravi jusqu’au troisièmeciel, qu’il y a entendu des choses qu’il n’est pas permis à l’homme de ré-péter, et qu’il ne sait pas dire comment cela est arrivé (2)? Les transportsqu’éprouvait dans ses exercices de piété le saint dont nous parlons,avaient quelque chose de semblable, et étaient sans doute surnaturels.
Après la mort de saint Philippe de Néri, sa congrégation fit de grandsprogrès. Il s’en fit plusieurs nouveaux établissements en Italie, en Savoieet même en France.
Cette congrégation a donné à l’Église plusieurs évêques, des cardinauxet des écrivains célèbres, tels que Baronius et les deux frères Thomas etFrançois Bozius.
(1) Oculus non viilil, nec, auris nuilivil , nec, in cor hominis nscendil quæ prcparavil Drus
iis, qui (liliqnnl ilium . Quw DH sont nemo coqnovit, nisi spirilus Dotnini. ( l rc aux Corin-
lliiens, 11,9 II.)
(2) II e Kp. aux C.orinl , XII, 3 el t.