ORATORIENS EN ITALIE.
L’Italie et la France ont vu se former dans leur sein deux congréga-tions qui ont pris le même nom dans les deux pays, et avaient le mêmebut, la gloire de Dieu et le salut du prochain. Ce fut d’abord celle desprêtres de l’oratoire, et ensuite celle des prêtres de la doctrine chrétienne.
On aime à voir cette concordance de vues entre deux pays dont l’unest le centre du catholicisme, et l’autre porte le nom de royaume très-chrétien.
Pour suivre l’ordre des dates, nous commencerons par parler des ora-toriens, et plus tard nous donnerons l’histoire des doctrinaires.
L’instituteur des oratoriens d’Italie est saint Philippe de Néri, né àFlorence en 1515.
Doué d’un bon caractère, et suffisamment instruit pour son âge, il futenvoyé par ses parents, à l’âge de dix-huit ans, chez un de ses oncles,riche négociant dans une petite ville, au pied du mont Gassin, et, commecet oncle n’avait pas d’enfants, il voulait le faire son héritier.
Philippe se sentait une autre vocation que celle de s’enrichir par lecommerce, et au heu de compter sur l’héritage de son oncle, il préféraaller continuer ses études à Rome. Il y ht la connaissance d’un de ses com-patriotes, noble florentin, qui lui offrit un logement chez lui (1), et luiconfia plus tard l’éducation de deux de ses enfants. Dans cette position, iltrouva eneoreleloisir défaire lui-même ses études de philosophie et de tliéo-
(1) Une chose singulière dans l’hospilalilé quc donnait le gentilhomme florentin à son com-patriote, et qui tenait sans doute aux usages de cette époque, c’est que le Florentin n’admettaitpas Philippe à sa table; mais il lui donnait du blé que celui-ci portail chez un boulanger, quile lui rcndaiL en pain , dont il vivait. Les payements en nature étaient autrefois [dus communsqu’aujourd’hui, où presque tous se font eu argent.