SOMASOUES.
Charles VIII, le premier des rois de Franee qui entreprirent ces (bilesexpéditions d’Italie où périrent tant de Français sans aucune utilité pourleur couronne, avait passé les Alpes, en 1494, et était arrivé, en une cam-pagne, jusqu’à Naples.
Pour arrêter ce torrent, une ligue s’était formée sur ses derrières, etles Vénitiens, qui alors étaient une des principales puissances de la pénin-sule, en faisaient partie.
Dans les troupes qui formaient leur contingent se trouvait un jeunehomme de quatorze ou quinze ans, qui avait pris les armes par un enthou-siasme ordinaire à cet âge et sans consulter l’opinion de ses parents.D’ailleurs, toute chance à part, il avait un frère, et l’hérédité de son nomn’était pas compromise. Il se nommait Jérôme Emiliani, et était fils d’undes sénateurs de la seigneurie. Il était né en 1481, et, en 1495, ce jeunegentilhomme portait déjà les armes, et se trouva à cette fameuse bataillede Fornoue, où Charles VIII, dans son retour vers la France, se fit jour àtravers une armée de 40,000 confédérés, qui voulaient lui couper la re-traite.
Comme, à la guerre, les retours sont fréquents, les Vénitiens, quiavaient coopéré en 1495 à chasser les Français de l’Italie, se trouvèrent àleur tour, treize ans après, avoir sur les bras une ligue terrible à repous-ser. Ils s’étaient brouillés avec Jules II, ce terrible pontife, qui leur de-mandait la restitution de quelques terres dont ils s’étaient emparés; Julesavait formé, à Cambrai, une ligue dont était membre Louis XII, qui avaits uccédé à Charles VIII, et qui allait demander aux Vénitiens une revanchedes événements de 1495.
Jérôme Emiliani, qui avait pris goût au métier des armes, ne manqua