C0NCEPT10NNISTES.
L’opinion que la sainte Vierge a été conçue sans la tache du péché ori-ginel, a été tour à tour soutenue et attaquée dans l’Église : mais les papes,ni les conciles, n’ont jamais voulu prononcer là-dessus, et ont laissé laquestion indécise, en faisant voir cependant qu’ils penchaient pour l’affir-mative. Les dominicains soutenaient la négative et ne célébraient pas lafête de la Conception.
Voici le sentiment de Bossuet sur cette question :
« L’opinion de l’immaculée conception a je ne sais quelle force qui per-» suade les âmes pieuses. Après les articles de foi, je ne vois guère de» chose plus assurée. C’est pourquoi je 11 e m’étonne pas que l’école des» théologiens de Paris oblige tous ses enfants à défendre cette doctrine....» Pour moi, je suis ravi de suivre aujourd’hui ses intentions. Après avoir» été nourri de son lait (1), je me soumets volontiers à ses ordonnances,» d’autant plus que c’est aussi, ce me semble, la volonté de l’Église. Elle» a un sentiment fort honorable de la conception de Marie. Elle ne nous» oblige pas de la croire immaculée; mais elle nous fait entendre que» cette créance lui est agréable. Il y a des choses quelle commande, où» nous faisons connaître notre obéissance ; il y en.a d’autres quelle insinue,» où nous pouvons témoigner notre affection. Il est de notre piété, si nous» sommes vrais enfants de l’Église, non-seulement d’obéir aux coinman-» dements, mais de fléchir aux moindres signes d’une mère si bonne et si» sainte. »
La fête de la Conception, établie à Naples dans le neuvième siècle et enAngleterre dans le onzième, fut célébrée généralement dans l’Église, envertu d’une bulle de Sixte IV de l’an 1485. C’est en Normandie que la
(1) Bossuel était docteur de Sorbonne.
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