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HISTOIRE ET COSTUMES.
sentiments de dévotion et forma son cœur aux vertus chrétiennes. Laprière, les bonnes œuvres, la mortification des sens, l’exercice de lacharité, faisaient ses occupations les plus chères.
Son application à l’étude égalait son goût pour la piété. Il s’appliquaparticulièrement à la théologie, au droit civil et canonique, et prit mêmele bonnet de docteur dans cette dernière faculté. Il embrassa alors l’étatecclésiastique, et fit, à ses frais, construire une chapelle, où il faisaitdes instructions aux personnes qu’un trop grand éloignement empêchaitd’aller les recevoir à leur paroisse.
Dans le désir de rester inconnu, et de pouvoir, sans distractions, selivrer aux occupations religieuses, il alla à Rome, dans l’espoir de s’yperdre dans la foule et de n’être remarqué de personne. Mais cette lu-mière de l’Église ne devait pas être cachée sous le boisseau : le papeJules II en ayant entendu parler, le nomma protonotaire apostolique.
Cette place lui donnait un logement à la cour du souverain pontife,et le pape Jules étant mort (1), en 1515, Gaëtan retourna dans son pays.A Vicence, il s’associa, comme il l’avait fait à Rome, à une confrérie depersonnes pieuses qui se réunissaient, à jour fixe, pour se livrer, encommun, à des exercices de dévotion.
Dans cette position, libre de tous ses moments, il pratiquait toutessortes de bonnes œuvres, visitant les hôpitaux, répandant d’abondantesaumônes aux mains des pauvres de la ville, pansant lui-même les ma-lades les plus dégoûtants, et ne reculant devant aucune occasion de fairele bien.
Son confesseur, qui était un savant dominicain, lui conseilla d’allerà Venise, ville plus considérable que Vicence, et où il trouverait à exer-cer son zèle sur un plus grand nombre de personnes. Il y alla, et se
(I) Trois papes seulement ont pris le nom de Jules. Celui-ci est le plus connu, quoiqu’il n’aitrégne que dix ans.
C’est lui qui, en 1300, posa la première pierre de la basilique de Saint-Pierre, la merveille dumonde moderne. Ce pontife, plus belliqueux qu’il ne convenait à son caractère, fit la guerre pen-dant presque tout son pontificat, comme s’il avait voulu pouvoir dire, quoique dans un autre sens,comme le Sauveur : « Non veni mittere pacem, sed gladium. » Ce qui a fait dire à un auteurprotestant que « Jules II avait jeté dans le Tibre les clefs de saint Pierre, pour 11 e se servir que» de l’épée de saint Paul. »
C’est ce pape qui, le premier, a laissé croître sa barbe, mode qu’ont adoptée après lui Fran-çois I fr et. Charles V. 1