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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES.

sentiments de dévotion et forma son cœur aux vertus chrétiennes. Laprière, les bonnes œuvres, la mortification des sens, lexercice de lacharité, faisaient ses occupations les plus chères.

Son application à létude égalait son goût pour la piété. Il sappliquaparticulièrement à la théologie, au droit civil et canonique, et prit mêmele bonnet de docteur dans cette dernière faculté. Il embrassa alors létatecclésiastique, et fit, à ses frais, construire une chapelle, il faisaitdes instructions aux personnes quun trop grand éloignement empêchaitdaller les recevoir à leur paroisse.

Dans le désir de rester inconnu, et de pouvoir, sans distractions, selivrer aux occupations religieuses, il alla à Rome, dans lespoir de syperdre dans la foule et de nêtre remarqué de personne. Mais cette lu-mière de lÉglise ne devait pas être cachée sous le boisseau : le papeJules II en ayant entendu parler, le nomma protonotaire apostolique.

Cette place lui donnait un logement à la cour du souverain pontife,et le pape Jules étant mort (1), en 1515, Gaëtan retourna dans son pays.A Vicence, il sassocia, comme il lavait fait à Rome, à une confrérie depersonnes pieuses qui se réunissaient, à jour fixe, pour se livrer, encommun, à des exercices de dévotion.

Dans cette position, libre de tous ses moments, il pratiquait toutessortes de bonnes œuvres, visitant les hôpitaux, répandant dabondantesaumônes aux mains des pauvres de la ville, pansant lui-même les ma-lades les plus dégoûtants, et ne reculant devant aucune occasion de fairele bien.

Son confesseur, qui était un savant dominicain, lui conseilla dallerà Venise, ville plus considérable que Vicence, et il trouverait à exer-cer son zèle sur un plus grand nombre de personnes. Il y alla, et se

(I) Trois papes seulement ont pris le nom de Jules. Celui-ci est le plus connu, quoiquil naitrégne que dix ans.

Cest lui qui, en 1300, posa la première pierre de la basilique de Saint-Pierre, la merveille dumonde moderne. Ce pontife, plus belliqueux quil ne convenait à son caractère, fit la guerre pen-dant presque tout son pontificat, comme sil avait voulu pouvoir dire, quoique dans un autre sens,comme le Sauveur : « Non veni mittere pacem, sed gladium. » Ce qui a fait dire à un auteurprotestant que « Jules II avait jeté dans le Tibre les clefs de saint Pierre, pour 11 e se servir que» de lépée de saint Paul. »

Cest ce pape qui, le premier, a laissé croître sa barbe, mode quont adoptée après lui Fran-çois I fr et. Charles V. 1