HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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songea, en 1537, à s’associer quelques jeunes personnes pour instruireles petites tilles, qui croupissaient dans l’ignorance des vérités chrétiennes.Elle trouva jusqu’à soixante compagnes, qui se dévouèrent à cette bonneœuvre. D’abord elles demeuraient chez leurs parents, et allaient dans lesmaisons des pauvres chercher les jeunes filles pour les instruire. Mais,pour être plus à portée de se concerter sur la méthode d’enseignement etde se secourir mutuellement, elles résolurent de se réunir dans une mêmemaison, et d’y vivre en communauté sous la conduite de leur fondatrice.Elles prirent alors le nom d’ursulines, en mémoire de sainte Ursule,qu’elles choisirent pour leur patronne En 1544, Paul III approuva cetinstitut, qui fut approuvé de nouveau, en 1572, par Grégoire XIII, à larecommandation de saint Charles Borromée, qui s’en déclara le protec-teur, et contribua de tout son pouvoir à l’étendre.
De l’Italie, l'institut des ursulines passa en France en 1574, et le pre-mier établissement s’en fit à Avignon, sur le même pied qu’il était àBrescia, c’est-à-dire sans vœux ni clôture. Ces religieuses françaisesdemeuraient aussi chez leurs parents; mais peu après elles se réunirentet formèrent une communauté en 1596. D’Avignon, elles se répandirentà Aix, à Marseille, et enfin à Paris en 1604. Il était réservé à une jeunefemme de cette capitale d’en faire un ordre régulier.
Madeleine l’IIuillier, dame de Sainte-Beuve, était devenue veuve à l’âgede vingt-deux ans et n’avait pas d’enfants. Elle résolut de ne plus songerqu’à faire le bien, et d’y consacrer tout ce quelle possédait.
Sollicitée par une personne pieuse, M™ Acarie, dont nous avons déjàparlé, page 124, elle entreprit de soumettre à la clôture les ursulines deParis, persuadée qu’alors les parents leur confieraient plus volontiers leurshiles, et que le nombre de leurs pensionnaires augmenterait. M me de Sainte-Beuve, qui appartenait à une famille puissante, réussit à obtenir, en1612, toutes les autorisations dont elle avait besoin pour cela. Paul Vaccorda une bulle par laquelle les ursulines de Paris étaient tenues defaire les trois vœux ordinaires de chasteté, d’obéissance et de pauvreté,en y ajoutant celui de se consacrer à l’éducation des jeunes filles, sous larègle de saint Augustin et l’invocation de sainte Ursule, avec obligationde garder la clôture.
De ce premier monastère, formé à Paris, sortirent plusieurs colo-nies, qui allèrent en établir d’autres à Abbeville, à Amiens, a Saint-