CÉLESTINS ET MINIMES
Nous allons parler de deux ordres nés presque aux mêmes lieux, maisà deux siècles de distance, l’un et l’autre fondés par deux personnagesayant entre eux plusieurs traits de ressemblance.
Également simples, également contemplatifs, ce n’est pas par lascience, par les talents qu’ils ont marqué dans l’Église; ils ne cher-chaient qu’à se cacher au monde. Leurs disciples n’ont jamais aspiré àl’apostolat. Laissant à d’autres les combats contre les hérésies, c’est parleurs prières, par leurs austérités qu’ils ont cru leur vocation accom-plie. Si, malgré eux, nos deux fondateurs se sont vus arrachés à leursolitude chérie, et ont été étonnés de se voir placés sur un théâtre sipeu accommodé à leurs goûts, cet éclat éphémère n’a duré qu’autantque la contrainte qui les y retenait.
On devinera sans peine que nous parlons de saint Pierre-Célestin etde saint François de Paule, fondateurs, l’un des Célestins, l’autre desMinimes.
CÉLESTINS.
Pierre naquit dans la Pouille, en 1215, d’autres disent en 1221, deparents peu distingués, mais vertueux. Quoique chargés d’un grandnombre d’enfants, ils le firent étudier; mais on remarqua bientôt queson goût le portait à la solitude. A vingt ans, il s’était déjà retiré surune montagne et s’y était bâti une cellule. Il y fut découvert, et on leforça d’aller à Rome, où il reçut les ordres sacrés.
En 1246, il retourna dans PAbruzze, où il passa cinq années dansune caverne, sur le mont Morroni, près de Sulmone, patrie d’Ovide.
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