ORDRE DU MONT-OLÏVET.
A l’époque où l’ordre des bénédictins, comme un arbre majestueux,couvrait presque toute l’Europe de son ombre, et où l’on devait le croirearrivé à son apogé, on en vit cependant sortir une nouvelle branche, quidevait prouver que sa sève n’était pas encore épuisée. Je veux parler del’ordre des olivétains, qui parut en Italie au commencement du quator-zième siècle.
Le siècle précédent avait vu s’élever les ordres mendiants, moinesactifs, qui, aux vertus des cloîtres, joignaient les fonction d’instruire lespeuples et de défendre les dogmes de l’Église, attaqués par les hérétiques.Cette nouvelle milice avait attiré les regards des contemporains, et sesutiles travaux faisaient en quelque sorte pâlir l’étoile des bénédictins, quidepuis si longtemps avaient attiré seuls l’attention publique. C’est alorsque l’ordre des olivétains vint montrer au monde chrétien qu’un troncvigoureux pouvait encore, après huit siècles d’existence, donner un nou-veau rejeton.
L’Italie, patrie de saint Benoit, ce pays si riche en établissements reli-gieux, avait vu naître sous son beau ciel les camaldules, les solitairesde Vallombreuse, les franciscains; et le fondateur des frères pêcheurs yavait passé ses dernières années. C’est aussi dans cette même contrée quenous allons voir s’élever un nouvel ordre qui marchera de pair avec ceuxqui l’ont précédé.
Jean Ptolomée ou Tolomei, gentilhomme de Sienne, avait fait de bonnesétudes, et était devenu un professeur assez fameux de philosophie. Unjour, au moment où, en présence d’un nombreux auditoire, il allait déve-lopper une question importante, il est tout à coup frappé de cécité etobligé de se retirer. Mais l’accident n’ayant pas eu de suites, et se trouvant