HIÉRONIMITES EN ITALIE.
Au quatorzième siècle, l’Italie centrale était à peu près redevenue cequ’elle était au commencement de la république romaine : divisée enautant de petits peuples qu’elle comptait de villes. A l’exception du nordet du midi, où l’on voyait deux grands États, savoir : d’un côté, l’ancienne,Lombardie, devenue duché de Milan, et de l’autre, le royaume de Naples,tout le reste de cette belle région ne présentait qu’une multitude depetites villes, ou soumises à des tyrans, sous le nom de seigneurs, ou for-mant autant de républiques indépendantes les unes des autres, et sanscesse en guerre ou en défiance contre leurs voisins.
La seule différence qui pouvait s’y remarquer, c’est qu’au moins lesanciens Italiens étaient des peuples guerriers, ce que n’étaient pas ceuxdu quatorzième siècle. Ces républiques, jalouses les unes des autres, nese faisaient la guerre que par l’astuce, les conspirations sourdes, la per-fidie réduite en art, par des combinaisons d’alliances sans bonne foi, quise formaient ou se dénouaient selon le besoin. Toujours menacées dudehors, ces républiques n’avaient même pas ce qui fait la force dans ledanger, l’union au dedans. L’autorité y était une proie que s’arrachaienttour à tour les différentes classes des habitants. Tantôt c’étaient les nobles,tantôt les roturiers qui en étaient en possession. On voyait même lesfamilles d’un même ordre se faire une guerre ouverte dans l’intérieur dela ville, pour s’emparer du pouvoir. Le conspirateur le plus hardi ou leplus heureux, en armant quelques sicaires, en ameutant la populace tou-jours facile à séduire, arrachait le timon de l’État des mains de ceux quile dirigeaient, les exilait et confisquait leurs biens; et tel était l’état detoutes ces petites républiques particulières.
Ce siècle, il est vrai, était celui de la littérature italienne, et présen-tait au monde, avec orgueil, Pétrarque et Boccace. Mais si cette époque
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