ORDRE DE LA MERCI.
L’ordre de la Sainte-Trinité parut si utile dans l’Église, cjue peu de tempsaprès, on en vit surgir un autre conçu à peu près sur le même plan, etconcourant au même but. Ce dernier fut consacré à la sainte Vierge, parcequ’on crut que c’était elle qui en avait inspiré l’idée en apparaissant la mêmenuit à trois personnes différentes. La fête de cette apparition se faitle 24 septembre, et porte le nom de Feslum B. il/, de Mercede. Du motMercede on a fait Merci, et de là cet ordre a été appelé Y ordre de Notre-Dame de la Merci.
Les trois personnages qui, d’après le témoignage d’un grand nombred’écrivains, parmi lesquels on peut nommer le savant P. Touron, domi-nicain, et Benoît XIV, ont eu, la même nuit, cette révélation de la sainteVierge, sont saint Pierre Nolasque, gentilhomme français, saint Raimondde Pegnafort, gentilhomme espagnol, et Jacques I er dit le Victorieux, roid’Aragon.
Le second, qui descendait des comtes de Barcelone et était par consé-quent parent du roi d’Aragon, après s’être distingué dans ses études, avaitpris, en 1222, l’habit, des frères prêcheurs. Il fut appelé à Rome, en 1230,par Grégoire IX, qui en fît son chapelain et son confesseur. En 1258, ilfut fait général de son ordre, après avoir refusé l’archevêché de Tarra-gone. Mais un an après, il demanda à rentrer dans l’état de simple reli-gieux, et il mourut, en 1273, dans sa centième année. Les rois de Castilleet d’Aragon vinrent le visiter pendant sa dernière maladie, et lui demandersa bénédiction.
Plusieurs historiens rapportent qu’étant dans l’île de Majorque, où le roid’Aragon le retenait malgré lui, il passa la mer étendu sur son manteau, endisant à son compagnon : Un roi de la terre nous retient; mais le Roi duciel y suppléera. Il fut canonisé en 1001 , par Clément VIII.