DOMINICAINES.
Dans les instituts religieux, qui comprenaient trois ordres, le premierétait celui des hommes, le second celui des femmes, et le troisième,appelé tiers ordre, était composé de personnes engagées dans le monde etde différent sexe, comme nous l’avons déjà dit.
Le premier en date était ordinairement celui des hommes; c’était celuiqui avait occupé la première pensée du fondateur. 11 n’en est pas demême dans l’institut de saint Dominique. C’est par les femmes qu’il acommencé, et les dominicaines ont paru au monde neuf ans avant lesdominicains.
Dominique s’était aperçu que, soit par insouciance, soit par défautde moyens, beaucoup de gentilshommes des pays infectés par les albi-geois négligeaient l’éducation de leurs enfants, et surtout de leurs filles;ce qui les exposait à se laisser aller aux séductions de l’hérésie. Il enparla à quelques évêques des environs, et leur dit qu’il conviendrait d’éta-blir une maison où l’on pourrait réunir un certain nombre de demoi-selles de bonnes familles, pour y être élevées dans les principes de lareligion catholique, et être à l’abri des dangers qu’elles couraient dans lemonde.
L’archevêque de Narbonne et l’évêque de Toulouse goûtèrent ce projet,et Dominique, soutenu par leurs libéralités et celles de plusieurs autrespersonnes pieuses, jeta, en 1200, les fondements d’un monastère àProuille, près de Fanjaux, entre Toulouse et Carcassonne. Les premièresdemoiselles qui y furent reçues, au nombre de onze, étaient presquetoutes des personnes séduites par les albigeois, et que Dominique avaitramenées au giron de l’Église.
Le saint fondateur ne les obligea point à de grandes austérités, maisil leur traça un plan de vie pour les occuper utilement et les rendre