MOINES DE SAINT SILVESTRE.
Saint Silvestre, contemporain de saint François d’Assise, était, commelui, destiné à se brouiller avec son père, pour avoir suivi l’attrait de lagrâce et obéi à sa vocation.
il naquit à Osmo ou Osimo, dans la Marche d’Ancône, en 1177, de lanoble famille des Gozzolini, Son père, qui voulait en faire un jurisconsulte,l’envoya à Bologne, puis à Padoue, pour apprendre le droit. Cette étuden’était pas de son goût, et il préférait celle de la théologie et de l’Écrituresainte. 11 se trouvait à Bologne et à Padoue dans la même position oùs’était trouvés saint Basile et saint Grégoire de Nazianze à Athènes. Aulieu de partager les divertissements des jeunes gens de son âge, l’étude etla prière occupaient tout son temps.
Mais de retour dans sa famille, son père, qui voyait ses vues contrariéespar les goûts de son lîls, ne le reçut qu’avec dédain et fut dix ans sanslui parler. Silvestre prit patience et supporta de son mieux les bouderiesde son père. Comme il était savant en théologie, l’évcque d’Osmo l’ordonnaprêtre et lui donna un canonicat dans sa cathédrale. Notre saint s’adonnaavec succès à la prédication; mais une nouvelle disgrâce l’attendait de lapart de son évêque.
Ce prélat n’était pas très-régulier dans sa conduite et donnait du scan-dale à ses ouailles. Silvestre prit la liberté de lui faire quelques remon-trances qui furent fort mal reçues, au point que l’évêque le menaça del'interdire et de le chasser de son église.
Placé, comme autrefois saint Bruno, près d’un évêque scandaleux etincorrigible, il n’éprouva plus, comme lui, que du dégoût pour le mondeet résolut de le quitter.
11 s’enfuit secrètement avec un guide, et alla se cacher seul dans undésert, à dix lieues d’Gsimo. 11 avait alors quarante ans. 11 vécut là de la