CONGRÉGATION Dü MONT-VIERGE.
À l’époque ou saint Bruno terminait, dans la Calabre, sa vie obscureet contemplative, à peu près un siècle avant l’apparition des ordresmendiants, époque où un héros de race normande fondait, dans lescontrées les plus méridionales de l’italie, le royaume de Naples, il seforma, dans le même pays, un nouvel ordre, qui, comme ceux dont nousavons déjà parlé, tire son nom d’une des montagnes de cette pénin-sule. C’est celui que l’on appelle du Mont-Vierge, en italien MonteVcrgine.
Le fondateur était un Piémontais d’une famille distinguée, orphelindès le berceau, et qui avait été élevé, jusqu’à l’âge de quinze ans, par unde ses parents. Il se nommait Guillaume.
Un goût, pour ainsi dire, inné le portait vers les choses pieuses, et librede se livrer à l’attrait qu’il se sentait, il laissa là tous les avantages que safortune pouvait lui offrir, pour entreprendre un pèlerinage à Saint-Jacquesde Compostelle.
On vit donc sur les chemins un jeune homme à peine adolescent, vêtupauvrement, marcher nu-pieds, demandant l’aumône sur sa route, etportant sur sa chair deux cercles de fer autour de ses reins.
De retour de ce pèlerinage, il allait en commencer un autre qu’il voulaitfaire d’une manière aussi dure que le premier. Son projet était d’allervisiter les saints lieux, à l’époque où cette dévotion était fort commune,peu de temps avant la première croisade. Mais il changea de résolution, etvoulant suivre l’exemple de saint Bruno, qui vivait alors, il prit le partide s’enfoncer dans la retraite.
U quitte donc son pays, et passe dans la Pouille, où il trouve unpersonnage fameux par sa piété et ses talents, et qui venait de fonder un