DES ORDRES RELIGIEUX.
lût
luthériens de cette ville, et les fit transporter à Prague, en 1627.
Suivant saint Bernard, Pierre le Vénérable et d’autres écrivains,saint Norbert avait été l’homme le plus saint et le plus éloquent de sontemps.
Les premiers religieux de Prémontré étaient si pauvres, que toutes leursressources consistaient à aller couper du bois dans la forêt, où ils demeu-raient, à en charger un âne, la seule bête de somme qu’ils possédaient,et à l’aller vendre à Laon. L’argent qui en provenait était converti en pain,qui était leur unique nourriture, et pour se mettre à table, il fallait attendrele retour de ceux qui étaient chargés de rapporter de la ville ce faiblealiment. Mais trente ans après la fondation de l’ordre, il comprenait déjàune centaine d’abbayes, tant en France qu’en Allemagne.
Pendant environ cent vingt ans, les Prémontrés jeûnaienl continuelle-ment, et ne mangeaient ni viande, ni œufs, ni laitage. Mais vers l’an 1245,les papes adoucirent la rigueur de cette règle.
On a vu plusieurs grands seigneurs prendre l’habit dans cet ordre,entre autres un comte de Namur, nommé Godefroid, qui se fit religieuxà l’abbaye de Floreffe, qu’il avait fondée. Thibaut, comte de Champagneen eût fait autant, si saint Norbert ne s’y était opposé, en lui disantqu’il ferait plus de bien en gouvernant ses États, qu’en se faisant moine.Il y eut un moment où cet ordre comptait mille abbayes d’hommes >cinq cents de filles, et trois cents prévôtés. Il s’étendait jusque dans laSyrie.
Les religieux Prémontrés étaient vêtus de blanc, avec un scapulaire par-dessus la soutane. En ville, ils portaieni le chapeau blanc, et, à la couleurprès, qui était blanche, leur costume était celui des autres ecclésiastiques.Au chœur, ils avaient un surplis et l’aumusse blanche, en été; et l’hiver,le rocliet, la chape et le camail blanc.
Cette ordre fut réformé, d’abord en 1233, par Grégoire IX, qui chargeal’abbé de Saint-Michel d’Anvers, et d’autres abbés, tant de Flandre que deFrance, de faire exécuter quelques règlements, qu’il avait faits pour cela :et ensuite en Espagne, au seizième siècle, par Didace de Mendieta, abbéde Trevino. Enfin il le fut, en France, par Servais de Pervelz, docteur deSorbonne, et abbé de Saint-Paul de Verdun, né à Soignies, en 1580. Cesaint religieux mourut, en 1631, dans l’abbaye de Pont-à-Moussoh, qu’ilavait gouvernée pendant trente et un ans, après avoir rétabli la régularité