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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Lhabillement des bernardines consistait en une robe blanche, un sca-pulaire noir et une ceinture de la même couleur. Au chœur, elles portaientdes manteaux, et les sœurs converses étaient habillées de couleur tannée.Les novices étaient en blanc.

11 y avait aussi, aux portes de Bruxelles, une belle abbaye de bernar-dines. Cétait celle de la Cambre, qui existe encore, et est devenue un dépôtde mendicité.

Ce monastère fut fondé, en 1201, par Henri I er , duc de Brabant, quidonna pour cela à Gisele, qui en fut la première abbesse, un lieu nomméalors Pennebeck, à lentrée de la forêt de Soignes, à une demi-lieue deBruxelles, pour y bâtir une abbaye. Le cadeau quil lui faisait nétait pasmagnifique : cétait un lieu aquatique et inculte, avec une partie de bois;il y ajouta ensuite (ce qui valait mieux) quelques bonniers de terre situésà Ruysbroeck. Les religieux de CîLeaux étaient les seuls qui pussent tirerpartie dun pareil cloaque. Jean de Béthune, évêque de Cambrai, confirmacette fondation, lannée suivante, par une lettre adressée à Gisele, quilnomme Gertrude, et quil qualifie abbesse de Pennebecli, de lobservancede Cîteaux.

Dans les commencements, cette abbaye était double, cest-à-dire quellecomprenait des religieux des deux sexes, logés séparément. 11 eût été im-possible aux religieuses de défricher elles-mêmes les landes dont on leuravait fait présent.

Labbaye de la Cambre est célèbre pour avoir été, pendant dix-huit ans,le séjour de saint Boniface, ancien évêque de Lausanne, en Suisse, et natifde Bruxelles. On place sa naissance vers lan 1183.

A lâge de dix-sept ans, il alla étudier à Paris la philosophie et lathéologie (1). 11 habita pendant trente ans cette capitale de la France,

des âges postérieurs. Sans lui, les gouvernements ne sauraient loger leurs soldats, leursvagabonds; les industriels, établir leurs usines; les spéculateurs, leurs magasins, etc.Ces bâtiments navaient cependant pas été élevés des deniers publics : cétaient les aumônesdes fidèles, les oblations volontaires des chrétiens, qui en avaient fait les frais, et les dona-teurs ne devaient pas sattendre à ce que leurs libéralités fussent détournées du but auquel ilsles consacraient. On pourrait dire, avec autant de justice, aux spoliateurs du culte catholique,ce que disait saint Antoine aux ânes sauvages qui venaient ravager son jardin : Pourquoivenez-vous manger ici ce que vous navez pas semé? (Ch. 2.)

(1) Luniversité de Paris était alors la seule qui existât en Europe. Il y venait des étudiantsde tous les côtés. On y distinguait quatre nations : celle de France, celle de Picardie, celle de