ANCIENS CARMES.
Suivant le bréviaire romain, quelques chrétiens fervents, dans les pre-miers temps du christianisme, avaient bâti, sur le mont Carmel, en Syrie,une chapelle à l’honneur de la sainte Vierge. Ils s’y réunissaient souvent,pour y adresser en commun leurs prières à la mère de Dieu. De là leur vintle nom de frères du mont Carmel, de serviteurs de Notre-Dame dumont Carmel, et enfin de carmes, par abréviation. Cet ordre est par con-séquent né en Orient, sans qu’on puisse assigner quel en fut le fondateur.C’étaient primitivement des ermites qui vivaient sur le mont Carmel ;mais leur nombre s’étant accru, ils se réunirent, et demandèrent une règleau patriarche de Jérusalem.
Ce prélat nommé Albert, avait été évêque de Ycrccil, en Italie, et commeil avait donné des preuves d’une rare capacité dans plusieurs occasionsimportantes, il fut appelé, par les chrétiens d’Orient, pour occuper le siègede la ville sainte. La règle qu’il donna aux carmes est de l’an 1205. Ellecomprenait seize articles, dont nous rapporterons les principaux.
Ils ne devaient avoir rien en propre. Leurs cellules devaient être sépa-rées les unes des autres, et ils ne pouvaient en changer sans la permissiondu supérieur. Ils étaient obligés d’y vaquer nuit et jour à la prière. L’usagede la viande leur était défendu, et ils devaient jeûner depuis l’Exaltationde la sainte Croix (14- septembre) jusqu’à Pâques. Ceux qui ne savaientpas lire n’étaient pas tenus à réciter les heures canoniales : on leur donnaità dire par cœur un certain nombre d’autres prières. Le travail des mainsleur était prescrit, et le silence était de rigueur depuis vêpres jusqu’aulendemain, à l’heure de tierce.
Deux gentilshommes anglais, en revenant de la croisade, amenèrentavec eux, en Angleterre, quelques-uns de ces religieux, et leur bâtirentdeux maisons qui subsistèrent jusqu’au temps d’Henri VIII. Un person-