98
HISTOIRE ET COSTUMES
deux chemises, un cuir de vache pour souliers, quatre paires de pan-toufles, et de l’argent pour s’acheter du bois.
L’ordinaire consistait dans un potage et deux portions de viande àdîner, et une seule à souper. Chaque chanoine faisait la cuisine à sontour, excepté l’archidiacre et quelques autres dignitaires.
Quand les chanoines cessèrent de demeurer dans une même maison,ils se logèrent au moins dans une même rue, à peu près comme lesbéguines, qui étaient logées dans un quartier séparé et qui se fermait lesoir. Aussi ces rues portaient-elles le nom de cloîtres. Il y a encore, àParis, les rues du Cloître Notre-Dame, du Cloître Saint-Merri, etc.
C’est au onzième siècle que les chanoines, en se réformant., prirent larègle de saint Augustin, et cette règle, c’est celle qui se tire de sa cent-neuvième épître. Cependant l’on ne voit pas de chanoines réguliers quiaient fait des vœux solennels de désappropriation avant le onzième siècle.C’est vers l’an 1110 que les chanoines de quelques églises commencèrentà suivre la règle de saint Augustin, et enfin, en 1159, il fut ordonné, auconcile de Latran, sous Innocent II, que tous les chanoines réguliers sesoumettraient à cette règle. On fonda alors des monastères de chanoinesréguliers de l’ordre de saint Augustin, et il s’établit plusieurs congrégationsde cet institut.
L’habillement des chanoines, tant séculiers que réguliers, était à peuprès le même au onzième siècle. D’abord ils avaient une soutane, dont lacouleur n’était pas déterminée. Les uns la portaient noire, d’autres blanche,rouge ou violette. Ils avaient là-dessus une aube de toile, qui dans leprincipe pendait jusqu’aux talons, comme celle dont sont revêtus aujour-d’hui les prêtres quand ils disent la messe. Pour se couvrir la tête, ilsavaient une peau de mouton, qui leur servait de bonnet et descendaitjusqu’aux épaules. La forme de cet ajustement variait beaucoup. L’été, ilse portait en travers sur les épaules, à peu près comme les pèlerines queportent les dames pendant l’hiver. Ensuite, on porta celte peau surl’épaule gauche, de la manière dont les docteurs et les gradués des univer-sités portèrent dans la suite leur chausse. Enfin cette peau finit par tom-ber sur le bras gauche, et c’est ainsi qu’elle était portée dans les dernierstemps. C’est ce que l’on appelle une aumusse. Il y avait une poche à l’unedes extrémités. C’est par là que l’aumusse se mettait sur la tête, quandelle servait de bonnet.