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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

deux chemises, un cuir de vache pour souliers, quatre paires de pan-toufles, et de largent pour sacheter du bois.

Lordinaire consistait dans un potage et deux portions de viande àdîner, et une seule à souper. Chaque chanoine faisait la cuisine à sontour, excepté larchidiacre et quelques autres dignitaires.

Quand les chanoines cessèrent de demeurer dans une même maison,ils se logèrent au moins dans une même rue, à peu près comme lesbéguines, qui étaient logées dans un quartier séparé et qui se fermait lesoir. Aussi ces rues portaient-elles le nom de cloîtres. Il y a encore, àParis, les rues du Cloître Notre-Dame, du Cloître Saint-Merri, etc.

Cest au onzième siècle que les chanoines, en se réformant., prirent larègle de saint Augustin, et cette règle, cest celle qui se tire de sa cent-neuvième épître. Cependant lon ne voit pas de chanoines réguliers quiaient fait des vœux solennels de désappropriation avant le onzième siècle.Cest vers lan 1110 que les chanoines de quelques églises commencèrentà suivre la règle de saint Augustin, et enfin, en 1159, il fut ordonné, auconcile de Latran, sous Innocent II, que tous les chanoines réguliers sesoumettraient à cette règle. On fonda alors des monastères de chanoinesréguliers de lordre de saint Augustin, et il sétablit plusieurs congrégationsde cet institut.

Lhabillement des chanoines, tant séculiers que réguliers, était à peuprès le même au onzième siècle. Dabord ils avaient une soutane, dont lacouleur nétait pas déterminée. Les uns la portaient noire, dautres blanche,rouge ou violette. Ils avaient-dessus une aube de toile, qui dans leprincipe pendait jusquaux talons, comme celle dont sont revêtus aujour-dhui les prêtres quand ils disent la messe. Pour se couvrir la tête, ilsavaient une peau de mouton, qui leur servait de bonnet et descendaitjusquaux épaules. La forme de cet ajustement variait beaucoup. Lété, ilse portait en travers sur les épaules, à peu près comme les pèlerines queportent les dames pendant lhiver. Ensuite, on porta celte peau surlépaule gauche, de la manière dont les docteurs et les gradués des univer-sités portèrent dans la suite leur chausse. Enfin cette peau finit par tom-ber sur le bras gauche, et cest ainsi quelle était portée dans les dernierstemps. Cest ce que lon appelle une aumusse. Il y avait une poche à lunedes extrémités. Cest par que laumusse se mettait sur la tête, quandelle servait de bonnet.