ORDRE DE FONT-EVRAULD.
Le père HélyoL s’étonne qu’on ait pu regarder comme une singularitédans l’Église la création d’un ordre religieux où les hommes sont soumisaux femmes; et, pour prouver que cela n’est pas aussi extraordinairequ’on voudrait le croire, il cite Judith, Jeanne d’Arc et l’abhesse de Laslluelgas, en Espagne, en témoignage de la prééminence que les femmesont quelquefois obtenue sur les hommes.
Sans doute, Judith et Jeanne d’Arc ont été de leur temps des femmesétonnantes. On pourrait même, à côté d’elles, en citer quelques autres.Quant à l’abbesse de Las Huelgas, c’est une sottise que les Espagnols ontbien voulu souffrir au milieu d’eux, comme nous le verrons plus tard.Mais après tout, ces femmes ne sont jamais qu’une exception dans l’his-toire, et ne peuvent établir une règle en faveur de leur sexe et faire qu’ilconvienne de leur donner la préséance sur les hommes.
Il aurait encore pu dire, à l’appui de son opinion, qu’il y a des pavsoù les femmes portent la couronne, mais ces cas sont toujours rares; enfinc’est une exception qui ne prouve rien contre la règle.
Une singularité qu’on ne peut s’empêcher de reconnaître dans l’histoirede l’ordre de Font-Evrauld, c’est que Robert d’Arbrissel, pour répondreaux attaques qu’on a dirigées contre lui, n’ait jamais donné la raison pourlaquelle il avait adopté un plan si nouveau dans la fondation de son ordre ;c’est que lui-même, malgré ses travaux apostoliques, malgré une vie toutentière consacrée à faire le bien, n’ait pas encore été mis, ni aucun desdisciples qu’il a formés, au rang des saints.
Un auteur plus moderne, M. Ilenrion, n’est pas éloigné de voir, dansl’institut de Font-Evrauld, qu’il trouve lui-même singulier, un trait degalanterie française, et il dit qu’il n’y a qu’en France qu’on pouvait enavoir eu Vidée. Cependant cet ordre a passé les Pyrénées, et a pénétré