DES ORDRES RELIGIEUX. 71
Il faut classer aussi parmi les bénédictines les religieuses oblales. Cetordre doit son institution à sainte Françoise, dame romaine d’une familledistinguée. Elle naquit à Rome, en 1584. A l’âge de onze ans, elle voulaitse faire religieuse ; mais ses parents l’engagèrent à prendre l’état du ma-riage, et lui donnèrent pour époux Laurent Ponzani, jeune seigneur ro-main , dont la fortune égalait la naissance.
Françoise sut allier scs devoirs d’épouse à son goût pour la piété. De soncôté, Ponzani laissa à sa femme toute la liberté possible pour se livrer àla dévotion et même aux austérités. Un échange mutuel de complaisanceset d’égards maintenait la meilleure harmonie entre les deux époux. Fran-çoise, devenue l’exemple des dames romaines, inspira à plusieurs les senti-ments religieux dont elle était animée elle-même. Elle était comme lecentre d’une association pieuse, composée des personnes les plus distin-guées de la ville, et qui pratiquaient en commun des œuvres de dévotion.
Son mari ayant été exilé, en 1415, par suite des événements politiquesde cette époque, elle se vit ravir à la fois ses biens par la confiscation, etson fils aîné, qui fut pris comme otage. Elle supporta ses malheurs avecle plus grand courage. Mais son mari ayant été rétabli dans ses posses-sions, il lui permit, en 1425, de fonder un monastère pour des femmesqui voudraient se consacrer à Dieu, et elle le mit sous l’ordre de saintBenoît.
Son ordre fut approuvé, en 1457, par le pape Eugène IV, et reçut lenom d 'oblales, parce qu’en se consacrant à Dieu, ces bénédictines seservaient du mot d'oblation, au lieu de celui de profession. Après la mortde son mari, elle y prit elle-même l’habit de religieuse, et y mourut,en 1440. Les religieuses de cet institut ne faisaient point de vœux, maispromettaient seulement d’obéir à la mère-présidente.
On trouvait autrefois dans les Pays-Bas plusieurs abbayes célèbres debénédictines nobles. Nous donnerons une notice des plus connues.
1° Celle de Bourbourg, près de Dunkerque, fut fondée, en 1105, parRobert II, ou le Jeune, comte de Flandre, et la comtesse Clémence, safemme, qui était sœur du pape Calixte II, On n’y recevait que des filles dela première noblesse du pays (i).
(1) I,'habillement des demoiselles dellourbourg était une robe noire, et par-dessus un surplisde toile blanche, (pii descendait jusque sur l'hermine qui élail au bas de leur robe.
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