BÉNÉDICTINES.
Il n’y a rien de bien certain sur l’origine des religieuses bénédictines.
Il est bien vrai que sainte Scholastique, sœur de saint Benoît, obser-vait les pratiques de la vie religieuse. Mais rien ne prouve quelle eût descompagnes, qui fussent avec elle dans une même maison, pour y vivresous une règle tracée d’avance.
Ce qui paraît constant, c’est qu’elle ne demeurait pas bien loin duMont-Cassin. On dit même quelle faisait sa résidence à Piombarola, quin’est plus aujourd’hui qu’une ferme appartenant à cette abbaye. On n’yretrouve pas de vestiges d’une ancienne maison religieuse; cependant ildoit y en avoir autrefois existé une, puisque la femme et la fille de Rachis,roi des Lombards, s’y sont faites religieuses. Peut-être ce monastère aura-t-il été élevé après saint Benoît.
Le plus ancien monastère de filles qui ait suivi, en France, la règle desaint Benoît, était celui de Sainte-Croix, à Poitiers. Il avait été fondé parsainte Radegonde, femme de Childebert, roi de France, l’an 544. C’estvers l’an 620 que le père Mabillon croit que quelques religieuses de Francereçurent la règle de saint Benoît. Jusque-là les monastères de filles sui-vaient, ou la règle de saint Césaire, ou celle de saint Colomban. Mais peuà peu celle de saint Benoît prit le dessus, et Louis le Débonnaire, au conciled’Aix-la-Chapelle, fit établir une discipline uniforme pour tous les mo-nastères, tant d’hommes que de filles, et voulut qu’on n’y suivît plusd’autre règle que celle de saint Benoît.
Les anciennes religieuses bénédictines portaient un habit blanc sansrocliet. D’autres avaient des habits noirs avec des surplis de toile noire,tels que ceux des religieuses de Bourbourg et de Messine en Flandre.
Il y avait aussi une grande variété dans la manière dont ces fillesvivaient. Les unes ne mangeaient de viande que dans le cas d’infirmité.