ORDRE DE CL UNI.
L’ordre de Cluni est plus ancien que celui de Liteaux. Aussi cettecongrégation porte-t-elle le nom de Fille aînée de l’ordre de saintBenoît.
Sa fondation remonte à l’an 910, et est attribuée au B. Bernon, de lamaison des comtes de Bourgogne. Ce seigneur, ayant envie de se retirerdu inonde et d’embrasser la vie monastique, fit bâtir un monastère àGigni, près de Lons-le-Saulnier, vers l’an 898. En 904, Raoul, roi de laBourgogne Transjurane, lui accorda quelques biens, pour l’aider à vivredans son monastère. Il en était abbé, lorsqu’en l’an 910, Guillaume lePieux, duc d’Aquitaine, ayant bâti une abbaye à Cluni, près de Mâcon, endonna le gouvernement à Bernon, qui amena avec lui douze moines deGigni. Telle est l’origine de cet ordre fameux, qui, au douzième siècle,comptait près de deux mille monastères, répandus en France, dans lespays voisins et jusqu’en Orient. Louis d’Outremer, quatrième du nom,confirma la fondation de Cluni, en 939, et le pape Agapet II, en 946.
Bernon montra tant de talent, qu’outre les monastères de Gigni et deCluni, qu’il gouvernait, on le chargea encore de celui deDeols, dans leBerri. Il mourut, en 927, après avoir été abbé de Cluni pendant dix-septans. Il eut, pour successeur, Odon, qui d’abord avait été chanoine de Saint-Martin, à Tours, et était venu ensuite se faire moine, sous la conduite deBernon, à Gigni, en 909.
Odon était lui-même un seigneur de haute qualité, qui avait vécu danssa jeunesse à la cour du duc d’Aquitaine, fondateur de Cluni. Ayant em-brassé, à dix-neuf ans, l’état ecclésiastique, il avait été pourvu, commenous venons de le dire, d’un canonicat à Tours : mais la lecture de la règlede saint Benoît lui ayant inspiré l’envie de renoncer au monde, il se démitde son bénéfice et n’emporta avec lui que ses livres, qui composaient une