PREMIERS ORDRES MONASTIQUES
ÉTABLIS DANS LES GAULES AVANT SAINT BENOIT.
Un jeune homme, touché du désir de faire son salut, demande naïve-ment à Jésus-Christ ce qu’il faut faire pour cela. « Ce qu’il faut faire? lui» répond le Sauveur; la loi vous le dit. Aimez Dieu et votre prochain» connue vous-même. Honorez vos parents; ne faites de mal à personne,» et soyez chaste. Yoilà tout ce qui vous est ordonné.—Eh bien! dit le» jeune homme, j’ai fait jusqu’ici tout ce que vous venez de me dire. N’y» a-t-il pas encore quelque chose de mieux à faire? — Oui, dit Jésus-» Christ, si vous voulez être parfait, vendez vos biens, quittez tout et» suivez-moi. »
Yoilà les deux vies proposées à l’homme. La première est la vie chré-tienne, qui est écrite dans les commandements de Dieu. L’autre n’y estpas écrite; elle n’est pas obligatoire, mais seulement conseillée à ceux quivisent à une plus haute sainteté. C’est la vie religieuse, qui est par consé-quent la perfection de la vie chrétienne.
Cette dernière étant née dans l’Orient, où les apôtres l’ont enseignée aunom de leur divin maître, l’autre, qui en est le complément, et dont lesapôtres ont laissé l’enseignement à ceux qui devaient leur succéder, aégalement pris naissance dans l’Orient, comme nous l’avons fait voir dansles chapitres précédents. Ce sont saint Antoine, saint Pacôme, saint Paul,saint Basile, qui ont donné au monde les premiers exemples du renonce-ment aux aises de la vie, de l’abnégation de leurs volontés, et de la sou-mission à des règles fixes et sévères, en quoi consiste la vie monastique.
Il était naturel que la vie chrétienne, en s’étendant dans le monde, en-traînât, pour ainsi dire, à sa suite, dans les nouvelles contrées qu’elleéclairait, les idées de perfection quelle avait inspirées dans l’Orient, etque les exemples, quelle avait produits dans l’Égypte et dans l’Asie, trou-vassent des imitateurs dans l’Occident. C’est ce qui est arrivé.