12
HISTOIRE ET COSTUMES
En 502, Basile, étant retourné à Césarée, y reçut une lettre de Julienl’Apostat, qui venait d’être élevé à l’empire. Il avait autrefois eonnu ceprince à Athènes, où il faisait aussi ses études. Julien, connaissant les ta-lents de son ancien condisciple, l’invitait à venir à sa cour. Basile lui ré-pondit que le genre de vie qu’il avait embrassé le rendait peu propre aumétier de courtisan. Le prince apostat fut piqué de la réponse, et écrivitde nouveau à Basile qu’il eût à payer au fisc mille livres d’or, sous peine devoir la ville de Césarée condamnée à la destruction. A une sommation sibrutale, et à laquelle on a de la peine à reconnaître un souverain qu’on avoulu faire passer pour un philosophe, Basile répondit qu’il était loin depouvoir payer une telle somme; qu’il n’avait plus rien depuis qu’il s’étaitdépouillé pour secourir les malheureux, et, sans redouter la colère dutyran, il osa lui reprocher son apostasie. L’empereur, outré d’une pareilleliberté, jura de faire périr Basile et son ami Grégoire, à son retour de laguerre qu’il allait faire aux Perses, et où il trouva la mort, l’année sui-vante.
Dans le même temps, Eusèbe, qui venait d’être nommé évêque de Cé-sarée, éleva, malgré lui, Basile au sacerdoce, et l’associa au gouvernementde son diocèse. Enfin, après la mort d’Eusèbe, arrivée en 570, Basile futson successeur.
C’est alors que le mérite du nouveau prélat parut dans tout son éclat.Il prêchait lui-même deux fois le jour. L’affluence des auditeurs était im-mense. La ferveur des fidèles, excitée par un tel pasteur, était si grande quele peuple communiait presque tous les jours. Survenait-il une calamité,Basile semblait se multiplier pour voler au secours de tous ceux qui souf-fraient. Cet homme qui, avant son épiscopat, s’était déjà dépouillé de tout,sut encore, étant évêque, fonder un vaste hôpital à Césarée, où un grandnombre de malheureux trouvèrent des secours de toute espèce, et qui sub-sista longtemps après lui.
Valentinien, qui était parvenu à l’empire en 504, après la mort de Jovien,successeur immédiat de Julien, y avait associé son frère Valens, et lui avaitcédé l’Orient. Celui-ci, imbu des erreurs de l’arianisme, voulut forcer lesévêques catholiques à embrasser sa croyance. Il vint lui-même à Césaréedans la vue de gagner le saint archevêque de cette ville ; mais tous ses ef-forts furent inutiles.
Enfin, en 579, Basile, qui avait toujours été d’une santé délicate et qu’il