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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

damnaient? On ne sait laquelle admirer le plus, ou de la force de corps,ou de la force dâme, dont étaient doués des hommes si extraordinaires.

Nous allons donner la vie de saint Paul et celle de sainte Synclétique.Nous parlerons des autres fondateurs dordres quand nous nous occuperonsdes religieux qui ont embrassé leurs règles.

Saint Paul, dans la basse Thébaïde en 229, se trouva orphelin àquinze ans. A peine en avait-il vingt et un, que la persécution suscitée parlempereur Déce, en 260, lobligea de chercher un asile et de se cacherchez un de ses amis. Mais son beau-frère, dans lespoir de se faire adjugerses biens, le dénonça aux persécuteurs. Il prit alors le parti de se retirerdans un désert pour sauver ses jours. Il sy logea dans une caverne quiavait autrefois servi datelier à des faux monnayeurs du temps de la reineCléopâtre. Une source deau, qui en était voisine, lui fournissait sa boisson,et un palmier, qui la bordait, lui donnait ses feuilles pour vêtement, etses fruits pour nourriture.

Les réflexions quil fit dans cette solitude sur la malice des hommes,sur la caducité des biens de ce monde, et le plaisir quil trouva à nesoccuper que de la pensée de Dieu, eurent pour lui tant dattraits, que,la persécution finie, il ne voulut plus rentrer dans la société, et resta audésert. Il y vécut jusquà lâge de quarante-trois ans des fruits de sonpalmier et de leau de sa fontaine. Alors un corbeau lui apporta tous lesjours la moitié dun pain, tout le reste de sa vie. Saint Jérôme, qui nousrapporte ce fait, le tenait de ceux à qui saint Antoine, témoin oculaire,lavait raconté lui-même.

Saint Paul serait mort dans son désert, ignoré des hommes, si saintAntoine, qui avait alors quatre-vingt-dix ans, neût appris, par révélation,quil existait un homme dont la vie était encore plus extraordinaire quela sienne. Il alla donc le visiter, et le trouva après une marche de deuxjours et une nuit. Lentrevue des deux vieillards fut des plus touchantes.Paul demanda à Antoine des nouvelles des hommes, dont aucun ne luiétait apparu depuis quatre-vingt-dix ans : « Étaient-ils toujours occupésdintérêts terrestres, et livrés aux superstitions du paganisme? » Ils con-versaient encore quand arriva le pourvoyeur céleste, qui apportait dansson bec un pain entier. « Dieu soit loué! dit Paul : il y a longtemps quil» a la bonté de me nourrir de la sorte ; mais aujourdhui que nous sommes'> deux, loiseau nourricier mapporte une double provision. » Le pain fut