MÉDAILLE COMMÉMORATIVE DE L’EXPÉDITION DU MEXIQUE. 363
adversaires & miné par les intrigues, se laissa entraîner à prendre desmesures arbitraires qui amenèrent le conflit européen. Les cours de Paris,de Londres & de Madrid envoyèrent, de concert, en odobre 1861, uneexpédition contre le Mexique. Le général espagnol Prim avait sous sesordres cinq mille hommes; l’amiral français Jurien de la Gravière n’avaitque peu de troupes de débarquement, & l’amiral anglais n’avait amené queles forces nécessaires pour occuper quelques points de la côte. On conclutd’abord avec le président Juarez le traité de la Soledad, qui ne fut pointobservé. La présence dans le camp français d'un proscrit mexicain, legénéral Almonte, donna de l’ombrage aux alliés eux-mêmes. On savait quece général avait été reçu en France par l’Empereur, & qu’il devait travaillerà subflituer à la république un gouvernement monarchique; on nommaitdéjà l’archiduc Maximilien. Les Anglais & les Espagnols se retirèrent. Legénéral de Lorencez, officier très-diftingué par ses services en Afrique,amena de nouvelles troupes le 5 mars 1862, & le 18 avril, invefti du com-mandement supérieur par suite du rappel de l’amiral Jurien de la Gra-vière, il repoussa les Mexicains en deux rencontres pour répondre à ungénéral juarifte qui l’avait sommé de retirer les soldats français laissés àOrizaba pour la garde de nos malades. — Mais arrivé devant Puebla, pleinde confiance dans la défection des Mexicains, il échoua dans une attaquecontre le fort Guadalupe. Néanmoins il sut, par son courage & son intelli-gence, se maintenir à Orizaba & conserver ses rapports avec la Vera-Cruz,malgré d’immenses difficultés.
Le général Forey, envoyé au Mexique en juillet 1862, débarqua en sep-tembre & prit le commandement des divisions Bazaine & Lorencez (1) & dela brigade de cavalerie du général Mirandol. Muni des inftruèfions de l’Em-pereur, le général Forey devait « accueillir avec bienveillance les Mexi-cains, annoncer que tout serait provisoire jusqu’à ce que la nation se fûtprononcée, montrer une grande déférence pour la religion, rassurer enmême temps les acquéreurs des biens nationaux (les biens du clergé),solder & armer les auxiliaires indigènes. » Cette habile conduite favorisal’expédition de cet officier général, qui prit Puebla le 17 mai 1863, malgrél'énergique résiftance de la garnison. Ces succès lui valurent d’être élevé, le
(1) Le général de Lorencez était rentré en France.