Druckschrift 
Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
Entstehung
Seite
356
Einzelbild herunterladen
 

356

HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

Le 28 août 1837, on lisait dans le Moniteur, à la date du 27, lesmesures complémentaires du décret du 12 août :

« S. M. lEmpereur a décidé que la médaille commémorative des cam-pagnes de 1792 à i8i5, inftituée par décret du 12 août 1857, sera désignéesous le nom de médaille de Sainte-Hélène.

A partir du i er septembre prochain, tous les anciens militaires domiciliésdans le département de la Seine, qui auront servi dans la période de 1792à 1815, pourront se présenter à la grande chancellerie de la Légiondhonneur, tous les jours, excepté le samedi, de midi à trois heures, poury recevoir la médaille de Sainte-Hélène , sur la présentation de leurstitres... Par ordre de S. M. lEmpereur, il eft expressément interdit deporter le ruban sans la médaille de Sainte-Hélène. »

La réunion des vieux défenseurs de la France, qui venaient exhiberleurs titres & recevoir la médaille de Sainte-Hélène, a offrir, chaquejour, de touchants épisodes, à en juger par une seule séance, la recon-naissance de deux grenadiers dun régiment de ligne frappa particulière-ment les spectateurs. Lors de la retraite de Moscou, ils sétaient juré uneassiftance réciproque, grâce à laquelle ils durent déchapper à la mort;cétaient, en 1812, deux frères darmes dégale condition. Mais à la chan-cellerie, quelle différence!... Lun était devenu un riche propriétaire;lautre, infirme, couvert de haillons, nétait... quun pauvre chiffonnier.

Dans un groupe de vieux soldats se trouvait le plus jeune médaillé deSainte-Hélène, qui avait, à douze ans, fait la campagne de 1815, ayantobtenu de servir comme tambour en présentant lacfe de naissance deson frère, plus âgé que lui de deux ans. Il venait, en 1837, réclamer sadécoration & faire reéfifier le glorieux faux quil avait commis dans sonenfance, pour être admis à servir sa patrie contre létranger.

Une femme reçut aussi, ce jour-, la médaille de Sainte-Hélène pourservices rendus en i8i5. Son mari faisait partie du contingent de la gardenationale mobilisée pour la défense de la frontière; elle lavait suivi,entraînée par un sentiment de dévouement conjugal. Tous deux firentpartie de cette faible garnison dHuningue (1) qui arrêta deux mois unearmée de 25,000 Autrichiens, & qui, réduite à environ i5o personnes àpeu près valides, ne consentit, quaprès douze jours de tranchée ouverte,

(1) Composée de cinq cents défenseurs environ.

330 .

iae.

> h; »

: %tii

feit